Dyane Adam demande l’intervention du gouvernement fédéral pour sauver l’Université de l’Ontario français.

Université de l'Ontario français: l’aide du fédéral réclamée

Le gouvernement fédéral doit faire preuve d’un «leadership musclé et réparateur» pour sauver l’Université de l’Ontario français, a fait valoir la présidente du conseil de gouvernance de ce projet, Dyane Adam, devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes.

Mme Adam a présenté un plaidoyer bien senti devant les membres du comité, jeudi, pour que le gouvernement fédéral «explore des solutions» afin de dénouer «l’impasse» dans laquelle l’Université de l’Ontario français se retrouve depuis l’énoncé économique du gouvernement provincial de Doug Ford.

Dyane Adam a notamment souligné qu’à l’époque où elle était commissaires aux langues officielles du Canada, elle a «souvent martelé» l’importance que le gouvernement fédéral assure «un leadership clair et proactif en matière de dualité linguistique canadienne, tout particulièrement ce qui touche l’épanouissement et le développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire».

La communauté franco-ontarienne est maintenant «à la croisée des chemins», a-t-elle plaidé devant le comité. «Pour la première fois de son histoire, notre communauté franchissait le dernier jalon dans le contrôle et la gestion de ses institutions éducatives homogènes de langue française, a-t-elle mentionné. [...] Une université, ce n’est pas dans dix ans qu’il faut la construire, c’est maintenant.»

«L’onde de choc» provoquée par la décision du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford est bien réelle et le temps presse pour sauver le projet, affirme Mme Adam.

Elle a aussi souligné que ce dossier revêt de l’importance non seulement pour les Franco-Ontariens, mais aussi pour tout le pays. «Si la francophonie ontarienne n’évolue pas et n’est pas en santé, c’est toute la francophonie canadienne qui va y perdre», a-t-elle fait valoir.

Dyane Adam estime qu’en fonction de ses différents champs de compétence, le gouvernement fédéral peut intervenir dans le dossier de l’Université de l’Ontario français puisqu’il s’agit d’un «lieu d’innovation», de «développement économique», «création» et de «savoir».

Le conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français n’a toujours pas reçu de «communication formelle» du gouvernement Ford depuis l’énoncé économique ayant annoncé la disparition du projet caressé depuis des années par les francophones de la province.

Mais le temps presse, affirme Mme Adam.

«On a un financement basé sur les opérations en cours qui se terminerait à peu près le 15 janvier», a-t-elle indiqué en réclamant que le fédéral intervienne «pour aider temporairement» le projet à survivre.

La députée d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, a déclaré que «le fédéral est prêt à agir», mais qu’il attend que le gouvernement Ford présente une demande officielle en ce sens.

«On ne l’aura jamais, il ne faut pas rêver en couleurs», a rétorqué le député néo-démocrate de Drummond, François Choquette.

Le député conservateur Steven Blaney a pour sa part assuré que Mme Adam pouvait «compter» sur le comité des langues officielles pour «aller de l’avant de façon créative» avec la recherche d’une «solution temporaire», en évoquant la mise en place d’un «pont financier pour donner de l’oxygène» au projet.

Le président du comité, Denis Paradis, a fait savoir qu’une motion a été adoptée pour convoquer les sous-ministres ontariens responsables des Affaires francophones et des Collèges et Universités.

Le comité, qui avait déjà essuyé un refus des ministres, devrait ensuite pouvoir déposer un rapport aux Communes au courant du mois de février.