Le président de l'AFO, Carol Jolin

Université de l'Ontario français: l'AFO plaide pour une intervention du fédéral

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) presse le gouvernement fédéral à faire preuve de leadership dans le dossier du financement de l’Université de l’Ontario français (UOF) et demande à Ottawa de délier les cordons de la bourse pour les quatre premières années du projet.

Cette mesure permettrait à la province de remettre sa situation économique en ordre, estime l’AFO.

«Je demande un leadership du gouvernement fédéral pour prendre les rênes dans ce dossier et exercer une pression sur le gouvernement provincial. Vous n’avez pas à attendre, vous pouvez faire les premiers pas pour faire avancer le dossier de la dualité linguistique et faire avancer le projet de l’Université francophone à Toronto», a déclaré Carol Jolin, président de l’AFO, devant les membres du Comité permanent des langues officielles mardi matin.

M. Jolin participait à une réunion du Comité afin de présenter la position de la communauté francophone face aux coupes des services en français du gouvernement progressiste-conservateur.

Il a rappelé la position du gouvernement fédéral qui a affirmé être prêt à recevoir une demande de financement de la part du provincial pour que l’institution puisse ouvrir ses portes en 2020.

«L’AFO pense qu’un investissement fédéral est une solution gagnante pour les gouvernements provincial et fédéral, confie M. Jolin. Nous favorisons la voie politique pour éviter les torts irréparables que pourraient causer les coupes proposées par la province.»

De son côté, le bureau de la ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, rappelle que le projet de l’UOF cadre avec le plain d’action Investir dans notre avenir.

«Toutefois, pour que le projet puisse aller de l’avant, la province de l’Ontario doit joindre le fédéral à la table, prioriser le projet et faire une demande concrète», indique Jeremy Ghio, attaché de presse de Mme Joly.

M. Jolin précise qu’une lettre a été envoyée au bureau de la ministre provinciale, Caroline Mulroney, qui traite de la solution de financement répartie entre les deux ordres de gouvernement. 

Minuit moins une

Présent devant le Comité des langues officielles, le recteur par intérim de l’UOF, Normand Labrie, a affirmé que le fonds de démarrage du projet est évalué à 84 millions $ sur huit ans. 

Pour le moment, l’université  de langue française bénéficie d’un budget de 1,5M$ annuellement qui doit arriver à échéance le 15 janvier s’il n’est pas renouvelé.

Ce dernier ajoute qu’il est minuit moins une.

«Ce n’est pas à nous de lancer les négociations entre les deux paliers de gouvernement, mais on souhaite que ce soit entrepris dès maintenant pour parvenir à une solution avant le 15 janvier», soutient M Labrie qui ajoute que son équipe attend après le ministère de la Formation et des Collèges et Universités pour approuver les programmes depuis le 1er octobre dernier.

«Si les programmes ne sont pas approuvés au début de l’été prochain, nous ne serons pas en mesure de les publiciser en vue de l’inscription pour 2020», ajoute-t-il.