France Gélinas, critique du Nouveau Parti démocratique (NPD) ontarien en matière d'Affaires francophones et de Santé.

Université de l'Ontario français: l'absence de fonds déplorée

La députée néo-démocrate de Nickel Belt, France Gélinas, a déploré que le gouvernement Wynne n'ait dédié aucune somme d'argent pour la gouvernance de la future université francophone dans le budget provincial actuel alors qu'il savait qu'un rapport avec des recommandations sur l'institution allait lui être présenté en juin.
« Je sais lire entre les lignes. Si le gouvernement était sérieux et qu'il avait l'intention de faire quelque chose, sauf aller chercher des votes francophones, il aurait mis de l'argent dans le budget pour mettre en place le premier conseil des gouverneurs et il aurait pris le temps depuis le mois de juin d'écrire le projet de loi. Il y aurait eu des faits concrets », a noté Mme Gélinas, porte-parole du NPD pour les Affaires francophones à Queen's Park.
« Autant qu'on veut y croire, parce que c'est un dossier sur lequel on travaille depuis longtemps, autant que je ne veux pas donner de faux espoirs. Je lis entre les lignes. Il y a les paroles, et ensuite il y a les actions. Les actions parlent plus fort que les paroles, et là il n'y a aucune action ni argent », a continué Mme Gélinas, qui a déposé deux projets de loi privés pour la création d'une université franco-ontarienne au cours des dernières années.
Optimisme prudent
Le geste du gouvernement Wynne est certes applaudi par la communauté francophone, qui préfère toutefois afficher un optimisme prudent pour la suite des choses. 
Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) rappelle avec fierté que l'idée d'une université française a émergé pour la première fois lors des États généraux du postsecondaire franco-ontarien, il y a quatre ans.
« On vient de franchir une grosse étape, nous sommes vraiment heureux. On avait certaines craintes en lien avec des affiliations, car on souhaitait que l'université soit complètement autonome, mais finalement on constate que les partenaires agiront à titre de mentors et qu'on aura notre propre conseil des gouverneurs. Oui, le gouvernement devra peser sur l'accélérateur, mais à court terme, on ne peut demander mieux », lance le coprésident de l'organisme, Jocelyn Leblanc. 
Le président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Pablo Mhanna-Sandoval, se réjouit de l'annonce, mais rappelle que le gouvernement Wynne sera jugé d'abord et avant tout sur les gestes qu'il posera dans les prochaines semaines. 
« C'est un grand pas dans la bonne direction, cela dit, il faut garder en tête qu'une élection approche et que la marge de manoeuvre du gouvernement est limitée. Il reste peu de semaines de travail pour les parlementaires. Je suis content de voir que la ministre entend déposer le projet de loi à l'automne, mais c'est seulement la première étape d'un processus qui peut être très long. Et, disons-le, ce serait une insulte impardonnable que d'utiliser cet enjeu à des fins électoralistes », dit-il. 
Agir rapidement
Même si elle est satisfaite que le rapport ait été rendu public dans un délai aussi court, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) est aussi d'avis que le gouvernement n'aura pas une minute à perdre dans ce dossier.
« Il faudra que le projet de loi soit adopté rapidement, il y a un sens de l'urgence, car le Collège Boréal a besoin d'une réponse cet automne en vue de sa relocalisation. Et on ne déménage pas un collège comme on déménage une maison. L'idée est d'avoir les institutions sur le même site pour créer un carrefour francophone à Toronto », lance le président Carol Jolin. 
Les universités Saint-Paul et d'Ottawa appuient la création d'une université francophone en Ontario, et disent vouloir collaborer avec la future institution.
« L'Université d'Ottawa a dit et répété qu'elle souhaitait vivement faire partie de la solution dans ce dossier. C'est pourquoi je suis ravi de constater que le rapport propose que l'Université d'Ottawa soit désignée comme mentor pour la future université et collabore avec celle-ci afin d'offrir des programmes en français dans plusieurs domaines stratégiques pour la communauté du sud-ouest de l'Ontario », a indiqué le recteur de l'Université d'Ottawa Jacques Frémont.