La présidente du conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français, Dyane Adam

Université de l’Ontario français : Dyane Adam ne jette pas l’éponge

Quatre jours après l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF) par le gouvernement progressiste-conservateur, la présidente du conseil de gouvernance attend toujours d’obtenir plus d’informations de la part du ministère.

« Jusqu’à maintenant, on m’a dit qu’on me reviendrait pour élaborer les étapes à la suite de l’annonce. Je n’ai toujours pas eu de lettre dans ce sens-là. J’imagine que ça va venir », soutient Dyane Adam. Mme Adam a travaillé comme présidente du Conseil de planification pour une université de langue française en 2016. 

Elle a travaillé à l’élaboration du projet depuis que le gouvernement l’a nommée en poste. « Vous parlez à une personne qui croit fermement à ce projet-là. Plusieurs générations de francophones ont travaillé sur ce projet pendant plusieurs années. Les jeunes veulent une éducation en langue française et au centre-sud-ouest la problématique va demeurer. Il y aura un besoin énorme. C’est la région la plus pauvre en programmes universitaires, mais la francophonie augmente », souligne Mme Adam. 

Cette dernière estime que le danger qui se présente, avec la décision d’annuler le projet, est que les étudiants francophones en Ontario se retrouveront limités quand viendra le temps d’opter pour une institution d’enseignement dans leur langue. 

« Les étudiants n’auront pas la chance de développer leurs compétences linguistiques pour qu’ils puissent travailler ou pratiquer en français, déplore-t-elle. Le projet permettait d’avoir une main-d’œuvre bilingue dans notre région et dans des secteurs clés. » 

Dyane Adam est optimiste. Elle estime que le projet a fait un bond énorme dans les dernières années en obtenant une charte universitaire et qu’il incombe de la préserver. 

« Je ne lance jamais la serviette. J’ai l’obligation comme présidente du conseil de faire valoir les besoins de l’Université de l’Ontario français. On ne peut pas juste dire que c’est fini. Est-ce qu’on va le retarder ? Si c’est retardé d’un an ou deux, c’est malheureux, mais c’est beaucoup moins triste que de ne pas en avoir du tout. Il faut garder espoir », confie Mme Adam. 

Concernant la possibilité d’aller devant les tribunaux, la présidente du conseil de gouvernance explique qu’elle a fait appel à Ronald Caza afin d’obtenir un avis juridique. Les membres du conseil doivent se rencontrer vendredi afin de discuter des options envisageables.