Le commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, croit qu'il est «plutôt incongru» que le gouvernement puisse commenter des décisions de ressources humaines qui concernent un officier indépendant comme l'ombudsman.

Une situation étrange, selon François Boileau

«Je trouve ça renversant de lire ça sur Twitter.»

Le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, ne cachait pas son étonnement d’apprendre que son poste pourrait être transféré au bureau de l’ombudsman de la province.

« Même le commissaire sera transféré [au bureau de l’Ombudsman] s’il le choisit », a déclaré la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, lors de la période de questions à Queen’s Park lundi.

Cette dernière répondait aux questions du porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en Affaires francophones, Guy Bourgouin.

« Nous n’avons pas aboli le Commissariat, nous avons transféré toutes ses responsabilités, y compris son mandat, au sein du bureau de l’ombudsman. Tout le travail qui y est fait, y compris les enquêtes dans les plaintes et le travail de recommandations va continuer à être fait par l’ombudsman », a précisé Mme Mulroney, quatre jours après que le gouvernement Ford ait annoncé des compressions dans les services en français.

Joint par Le Droit, le commissaire aux services en français a affirmé qu’il s’agissait d’une situation « étrange ».

« Il m’apparaît plutôt incongru que le gouvernement puisse émettre des commentaires sur des décisions de ressources humaines qui concernent un officier indépendant, c’est-à-dire l’ombudsman. C’est à Paul Dubé de prendre une décision une fois que le projet de loi sera adopté. Je trouve ça étrange qu’il y ait cette ingérence entre le gouvernement et l’équipe d’un officier indépendant », confie Me Boileau qui est en poste depuis 2007. Ce dernier ajoute qu’il ne peut pas être considéré comme un employé puisqu’il est commissaire.

Rappelons que la semaine dernière, le gouvernement progressiste-conservateur a annoncé l’abolition du Commissariat aux services en français et le transfert des 13 employés au bureau de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé. 

Le gouvernement a justifié sa décision en précisant qu’il devait faire des économies. Toutefois, le commissaire aimerait comprendre où les économies seraient faites s’il reste en poste en plus des membres de son équipe.

Me Boileau a discuté avec la ministre Mulroney jeudi dernier et il affirme qu’il n’a jamais été question de le nommer ombudsman adjoint. 

« Je peux vous dire que je ne serai pas ombudsman adjoint aux services en français, parce que je pense que ça ne se fait pas », confie-t-il.