Le crieur public Daniel Richer a fait la lecture du Manifeste franco-ontarien mercredi matin à quelques pas de Queen's Park.

Une Journée internationale de la Francophonie teintée par la crise linguistique

TORONTO — La Journée internationale de la Francophonie a pris une tournure bien différente, cette année à Queen’s Park, après la crise linguistique de l’automne. D’un côté, différents acteurs dénoncent à nouveau ces coupes francophones, de l’autre, la ministre des Affaires francophones, vante son approche.

Sur le coup de 9 h 30, à quelques pas de Queen’s Park, le crieur public Daniel Richer a entamé la lecture du Manifeste franco-ontarien. « L’heure est à l’action. L’heure est à la passion. Debout ! Luttons contre cet adversaire coriace que nous connaissons bien », a-t-il lancé, face à la maison du pouvoir ontarien.

Il a été suivi par plusieurs autres intervenants de la communauté franco-ontarienne. « Fini les courbettes et les steppettes. Ça fait 100 ans qu’on est privé d’argent », a lancé Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Quelques dizaines de citoyens ont pris part à l’événement. 

« Je ne suis pas d’accord avec la manière dont Doug Ford utilise l’argent et ce qui a été annulé. Quand j’étais jeune, je n’avais pas le choix d’étudier en français à mon école. Il ne faut pas revenir là », a confié Danièle Laflamme-Millette. « Je veux dire à Mme Bombardier qu’il y en a des francophones en Ontario. On est très vivant. Le français est une des langues officielles du Canada, on ne doit pas l’oublier », a renchéri Mme Laflamme-Millette, en insistant sur l’importance de mobiliser aussi les jeunes franco-ontariens.

Sur les réseaux sociaux, certains ont soutenu que le crieur n’allait pas interpeller les jeunes franco-ontariens. 

Les commentaires témoignaient d’un certain fossé générationnel, alors que certains affirmaient qu’il s’agissait d’une démarche d’une autre époque.

« C’est un reflet de notre culture, de notre folklore », réplique Carol Jolin. Aujourd’hui, il faut toujours être à la fine pointe des technologies, des médias sociaux. Mais il ne faut pas oublier notre histoire. C’est un moyen original qu’on a trouvé d’aller de l’avant pour continuer le mouvement de la résistance ».

Mulroney rappelle ses arguments

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a pris la parole en chambre en après-midi pour exposer la vision de son gouvernement en matière de francophonie.

« L’Ontario compte 1,5 million de personnes parlant le français, dont plus de 622 000 Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens, ce qui représente la plus grande population francophone au pays, en dehors du Québec », a-t-elle rappelé. « La communauté franco-ontarienne a à son actif une panoplie d’artistes, des lieux de diffusion culturels, des médias et un ensemble d’institutions et d’organismes qui maintiennent et renforcent sa vitalité dans l’ensemble de la province », a renchéri la ministre.

Pour lire l'article d'Étienne Fortin-Gauthier dans son intégralité, visitez le site web d'#ONFR.