Louise Forestier a reçu le prix Prestige d’Impératif français des mains de Jean-Paul Perreault et de Laurette Bergeron

Une artiste, des lauréats... et plusieurs citrons

Le mouvement Impératif français, un organisme voué à la promotion de la langue française, remettait, dimanche à Gatineau, ses prix d’excellence, mais aussi une flopée de prix Citron à des personnalités (absentes!), des organismes ou des politiques qui ont soulevé l’ire du groupe de pression.

Notons d’abord que chaque année, un Prix prestige est aussi remis à une personnalité dont l’itinéraire de vie a contribué à enrichir l’écosystème francophone. 

Cette année, c’est Louise Forestier qui est lauréate du titre et elle était présente, dimanche, au Club de golf Gatineau où avait lieu la remise des prix.


« «La langue, je veux bien, mais pour moi, d’abord et avant tout, c’est l’environnement.» »
Louise Forestier

L’artiste de 75 ans y a prononcé une allocution devant les quelques dizaines d’invités et membres réunis et a même chanté a cappella quelques lignes de Ne touchez pas à mon piano, le thème de son exposé.

À noter que le prix Prestige Impératif français est la toute première récompense non reliée à l’industrie du disque que la chanteuse recevait à vie, a-t-elle fait remarquer. 

Pas d’espoir, mais de la foi

En entrevue au Droit, après l’événement, Louise Forestier confiait: 

«J’ai pas de conseils à donner à la relève au Québec, parce que quand j’étais jeune, j’écoutais pas les conseils. Pourquoi ils (les artistes de la relève) les écouteraient plus ; parce que c’est moi qui les dit? [...] Quel que soit le choix de langue (d’interprétation), qu’ils l’assument pleinement, mais qu’ils se mettent pas à écrire en anglais – une langue qu’ils savent à peine écrire – juste pour parler anglais.

Est-ce que le Québec d’aujourd’hui est très loin de ce que le Québec de L’Osstidcho était?

«J’ai pas la nostalgie du passé. Les jeunes sont équipés pour faire face à ce qui s’en vient. En tout cas, je leur souhaite. Je ne suis pas remplie d’espoir, mais de foi. J’ai l’impression qu’on s’en va directement dans le mur. La langue, je veux bien, mais pour moi, d’abord et avant tout, c’est l’environnement. J’ai fait une ruelle verte, j’ai fait ce que je pouvais faire à mon petit niveau avec mes voisins, mais c’est le grand danger, c’est sûr.»

Louise Forestier se voue désormais entièrement à la peinture et possède un petit atelier sur le Plateau à Montréal, à la maison. Elle espère pouvoir exposer dans environ deux ans. «Je ne chante plus depuis quatre ans et je suis très heureuse.» 

Plusieurs lauréats d’exception

Six lauréats ont reçu le prix d’excellence Lyse Daniels, du nom de la fondatrice de l’organisme.

Né de parents cambodgiens dans un camp de réfugiés en Thaïlande, le cinéaste Paul Tom, et l’auteur de littérature jeunesse, Michel Lavoie, ont été récompensés. L’enseignante Mélissa Lefebvre, Richelieu International, le Centre culturel Frontenac à Kingston et le Festival de musique émergente de Rouyn-Noranda ont aussi été salués.

Rire jaune

Chaque année, l’organisme nationaliste décoche ses flèches envers des initiatives ou des déclarations malheureuses qui le font sourciller et la cuvée de cette année est particulièrement riche en bourdes diverses portant ombrage à la culture française, selon Impératif. Treize prix Citron ont donc été offerts durant la cérémonie...

Notons d’abord la déclaration du président français Emmanuel Macron, lors du voyage à Paris de Philippe Couillard, à l’effet que parler anglais «renforce la francophonie.» 

La demande de Hockey Canada d’angliciser la prononciation des noms des joueurs francophones, et les «détestables» «bienvenue/Welcome», «Bonjour/Hi» et «Please press nine», ont aussi été ciblés.

L’organisme a également épinglé les établissements commerciaux «qui polluent l’environnement culturel de Montréal», notamment les Marché Goodfood, Eye Am et Miss Fresh de ce monde.