Un manifeste aux voix multiples

La force et la diversité émanant des différents messages qui ont inondé les réseaux sociaux depuis le début de la crise linguistique dans la communauté francophone en Ontario ont mené à la création d’un manifeste franco-ontarien.

Une œuvre écrite à mille mains et construite par les militants franco-ontariens, Ethel Côté, Mireille Groleau, William Burton et Marc Keelan-Bishop. Le manifeste dresse un portait de tout ce qui s’est dit depuis les deux dernières semaines, soit dans les publications sur les médias sociaux, dans des poèmes ou des messages textes.

« Nous sommes les points cardinaux rassemblés, le noyau dur et franc, gaulois d’un seul village, habitantes et habitants d’une même patrie encore reniée. Nous sommes une francophonie plurielle porteuse de rêves et d’action », peut-on lire dans la création de plus de 500 mots intitulée « Notre manifeste pour notre place ».

« On a recueilli des propos pendant une bonne dizaine de jours et après on s’est penché sur les mots clés, les phrases et les déclarations qui ont reçu le plus de «j’aime». Je me suis laissée inspirer de tout le monde », raconte Mireille Groleau.

Cette dernière soutient qu’il s’agit d’un manifeste valable étant donné l’étendue des sources d’inspiration.

« Ça reflète la colère que la communauté ressent, mais aussi la fierté », ajoute Mme Groleau.

Le manifeste franco-ontarien est publié dans les pages du Droit et circulera sur les réseaux sociaux dès samedi matin. Un enregistrement d’une lecture à voix multiples doit aussi être diffusé sur les ondes des radios communautaires de la province à travers différents médiums.

« C’est l’exemple d’un beau leadership communautaire où tout le monde se responsabilise », confie Ethel Côté. 

Les instigateurs du projet espèrent que leur création perdura dans le temps.

Mme Côté souhaite qu’il soit repris dans les écoles par exemple ou lors des rassemblements de la communauté francophone aux quatre coins de la province.

Au fils des années, la communauté francophone en Ontario s’est mobilisée à plus d’une reprise pour revendiquer ses droits comme ce fût le cas lors du mouvement SOS Montfort. Les deux femmes sont d’accord pour dire que cette fois-ci, la communauté sort plus grande des expériences du passé.

« Je suis vraiment impressionnée par la ferveur et la confiance des Franco-Ontariens. On a mené plusieurs batailles et on a fait des avancées au fil des années. Appuyé de ces victoires-là, on a une confiance et une présence encore plus forte aujourd’hui. On a une capacité de ralliement plus grande », observe Mme Groleau.