Le premier ministre Justin Trudeau a reçu dans son bureau le chef conservateur Andrew Scheer, le bloquiste Mario Beaulieu, le chef du NPD Jagmeet Singh, la ministre Mélanie Joly et la chef de parti Vert Elizabeth May afin de discuter des services aux minorités linguistiques au pays et plus particulièrement aux Franco-Ontariens.

Trudeau attaque les conservateurs

On aurait cru qu’il y aurait trêve d’attaques politiques au jour de la rencontre au sommet sur la francophonie convoquée par Justin Trudeau, mais tout juste avant la réunion, le premier ministre a décoché des flèches à l’endroit de son adversaire Andrew Scheer.

Le chef libéral a profité de la période de questions en Chambre pour reprocher à son vis-à-vis conservateur d’avoir échoué à le questionner assez promptement « sur cet enjeu important » qui continue de faire des vagues en Ontario et au pays.

« Ça fait quatorze jours que le gouvernement conservateur en Ontario a sabré les services aux francophones, ça fait quatorze jours que le chef de l’opposition ne me pose pas une question », a lâché M. Trudeau, suscitant le mécontentement dans les banquettes en face.

Peu après, le premier ministre recevait dans son bureau de l’édifice du Centre les chefs de tous les partis représentés aux Communes : le conservateur Andrew Scheer, le néo-démocrate Jagmeet Singh, Elizabeth May du Parti vert et le chef bloquiste intérimaire Mario Beaulieu.

Dans une brève déclaration d’ouverture, Justin Trudeau a tenu à souligner que son gouvernement avait agi en déposant le Plan d’action 2018-2023 sur les langues officielles en mars dernier. À ses côtés, la ministre responsable du dossier, Mélanie Joly, a opiné.

Assis sur un fauteuil, le chef de l’opposition officielle a ensuite pris la parole pour exprimer son souhait de ne pas exploiter l’enjeu à des fins partisanes. Son homologue néo-démocrate Jagmeet Singh a pour sa part dit espérer des actions concrètes.

La rencontre au sommet à Ottawa sur la francophonie avait été réclamée lundi dernier par Andrew Scheer. Le même jour, les conservateurs faisaient adopter une motion aux Communes pour réclamer « un plan » d’ici le 1er décembre.

La réunion survient dans la foulée de l’annonce, par le gouvernement ontarien de Doug Ford, de la dissolution du commissariat aux services en français et l’abandon du projet d’université francophone à Toronto.

Ces annonces enfouies dans un énoncé économique ont provoqué une levée de boucliers dans l’ensemble de la francophonie canadienne.

Le gouvernement progressiste-conservateur à Queen’s Park a tendu une perche aux Franco-Ontariens en réaction au tollé provoqué par ses décisions, vendredi dernier, en fin d’après-midi, par voie de communiqué.

On y a annoncé le retour du ministère dédié aux Affaires francophones — que le premier ministre avait éliminé à son arrivée en fonction — et proposé que le poste de commissaire aux services en français soit maintenu, mais sous la houlette de l’ombudsman.

Le léger recul du gouvernement Ford n’a pas réussi à apaiser la grogne des Franco-Ontariens ; aussi ont-ils maintenu leur appel aux manifestations qui ont été organisées dans environ 40 villes ontariennes, samedi.

La ministre Joly participera à celle qui se tiendra à Ottawa. Selon le député conservateur Alain Rayes, des conservateurs seront aussi sur place.