La ministre de la Santé de l’Ontario, Christine Elliott.

Transformation du système de santé: les francophones retiennent leur souffle

TORONTO – Le thème de la santé dominera peut-être la rentrée législative à Queen’s Park. D’autant que la ministre de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, Christine Elliott, s’apprête à déposer un projet de loi pour changer le visage du système de santé de la province. Du côté des francophones, on espère que cela se fera sans perte et fracas…

Trois mois après le déclenchement de la crise linguistique, les militants franco-ontariens sont aux aguets plus que jamais. Dans une lettre envoyée jeudi matin à Mme Elliott, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) fait part des bons points, mais aussi des attentes du projet de loi.

Il y a deux semaines, le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait laissé fuité une ébauche du projet de loi prêt à être déposé par Mme Elliott. Si le gouvernement progressiste-conservateur avait alors parlé d’un «brouillon», le document de travail a été manifestement scruté à la loupe par beaucoup.

Sans surprise, l’ébauche du projet de loi évoquait la disparition des 14 réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS), remplacés alors par une «Super Agence».

Des lignes qui n’inquiètent pas tellement l’AFO. «Nous sommes encouragés que le gouvernement de l’Ontario veuille conserver la structure des entités de planification de services de santé en français et veuille légiférer son lien avec la Super Agence. La Loi sur les services en français serait appliquée dans le plan provincial de votre ministère et par la Super Agence. Le Comité consultatif sur les services de santé en français serait reconduit», écrit l’AFO dans sa missive.

«il y a des possibilités à travers cette réforme», affirme le président de l’AFO, Carol Jolin. «Le gouvernement est d’accord à ce que les entités continuent de faire le travail, ceci étant dit, on rejoint ce que la ministre aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, nous a dit le 25 septembre, à savoir que la livraison des services en français était importante.»