Melanie Joly, ministre fédérale des Langues officielles

Transferts pour l'éducation en milieux minoritaires: brèche dans le champ de compétence des provinces

Il aura fallu la crise linguistique en Ontario pour que le fédéral réussisse à convaincre les provinces et territoires d’ouvrir leurs livres comptables pour des transferts en éducation.

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, affirme que le gouvernement du Canada cherchait à impliquer des partenaires du milieu de l’éducation pour le financement de projets dans les écoles de langue en milieu minoritaire.

« Il y a toujours eu un protocole d’entente, mais il y avait des questions qui pouvaient se poser pour savoir l’argent allait où », soutient Mme Joly.

Le fédéral s’est entendu avec les provinces et territoires sur les termes du protocole d’entente pour appuyer l’éducation dans une langue officielle en milieu minoritaire.

« Il y avait une certaine stagnation jusqu’aux manifestations ici en Ontario, affirme Mélanie Joly. Les francophones partout au pays ont dit que c’était important de protéger nos droits. Tous les provinces et territoires sont revenus à la table et ça nous a permis d’arriver à un protocole d’entente et à nous, au fédéral, d’ajouter encore plus d’argent pour financer les écoles francophones. »

Un total de plus d’un milliard de dollars sera versé au cours des quatre prochaines années, une somme similaire à ce qui se trouvait dans l’entente précédente. Ce montant avait annoncé lors du dévoilement du Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023.

Pour convaincre les provinces et les territoires d’ouvrir une brèche dans leur champ de compétence en éducation, le fédéral crée une nouvelle enveloppe de 60 millions $ durant la même période pour financer l’amélioration de l’offre d’éducation en français en milieu minoritaire.

« Très souvent, les conseils scolaires posent la question : “où vont les fonds fédéraux dans les provinces et territoires ?” On a décidé de prendre acte de leurs revendications et de les faire nôtres, explique Mélanie Joly. Pour la première fois, le gouvernement fédéral a été en mesure de s’entendre avec les provinces, de sorte que chaque fois qu’il va y avoir des investissements fédéraux en matière d’éducation pour la langue de la minorité, les intervenants, particulièrement les conseils scolaires, non seulement vont être consultés par les provinces et territoires par rapport à où ces investissements vont aller, mais également, il va y avoir plus de transparence parce qu’ils vont savoir où l’argent du fédéral va. »