Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles du Canada

Théberge s’inquiète du manque de reconnaissance de la francophonie en Ontario

Le Commissaire aux langues officielles (CLO) du Canada met en garde contre l’incompréhension du concept de dualité linguistique. Raymond Théberge souhaite que le gouvernement de l’Ontario revienne sur sa décision de couper dans les services en français, mais croit qu’il faut aller au « cœur » des raisons qui ont mené le gouvernement à prendre ces décisions le 15 novembre dernier.

C’était au tour du CLO de plaider devant le Comité permanent des langues officielles à Ottawa, jeudi. M. Théberge croit que le gouvernement fédéral doit faire preuve de leadership pour financer l’Université de l’Ontario français (UOF) et voudrait que le provincial revienne sur sa décision de transférer le Commissariat aux services en français sous le bureau de l’ombudsman.

« Il ne faut pas perdre de vue que même si on arrive à régler l’Université de l’Ontario français, je suis préoccupé par le raisonnement derrière la décision d’abolir l’université », prévient-il.

Plus tôt cette semaine, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario urgeait le fédéral à prendre les rênes dans le dossier et à financer les quatre premières années de l’UOF.

M. Théberge a profité de la tribune qui lui était offerte jeudi pour parler d’un manque de vision de la part du gouvernement Ford de sabrer les services en français.

« Je pense que le problème de fond c’est un manque de reconnaissance de la communauté et de la spécificité d’une communauté francophone en milieu minoritaire. Les communautés contribuent au développement de leur société, rappelle-t-il. Si le gouvernement n’apporte aucun changement au rôle du commissaire, ça veut dire qu’il ne reconnaît pas l’importance de cette communauté. Je pense qu’on est rendu vraiment loin du concept de la dualité linguistique et de la compréhension de ce que ça veut dire aujourd’hui. »

M. Théberge confie avoir parlé avec son homologue ontarien, François Boileau. Les deux hommes martèlent que le commissaire doit être indépendant et qu’en étant sous la gouverne de l’ombudsman, comme le prévoit le gouvernement Ford, ce n’est pas possible.

« Un ombudsman a un travail particulier à faire, mais ce n’est pas un spécialiste dans le domaine des droits linguistiques. Le rôle du commissaire ce n’est pas seulement d’enquêter. Il doit aussi faire de la promotion. C’est important d’être indépendant pour être en mesure de critiquer quand c’est le temps de le faire. Un commissariat sans indépendance ce n’est pas vraiment un commissariat », explique Raymond Théberge.