Douze jeunes venus de partout au pays étaient invités à raconter leur expérience sur le terrain lors d'une table-ronde organisée vendredi par la sénatrice Lucie Moncion et le sénateur René Cormier.

Table-ronde pour les jeunes

Dans plusieurs communautés francophones à travers le pays, une fraction seulement des jeunes francophones ont accès à l'éducation postsecondaire en français, un problème qui persiste malgré l'adoption il y a 50 ans de la Loi sur les langues officielles.
Mais ce n'est qu'un des nombreux défis auxquels les jeunes francophones font face quoditiennement pour vivre, « construire » et maintenir leur identité francophone. 
Ces réalités doivent être prises en compte quand viendra le temps de moderniser la Loi sur les langues officielles, ont-ils clamé lors d'une table-ronde organisée vendredi par la sénatrice Lucie Moncion et le sénateur René Cormier, membres du Comité des langues officielles, en collaboration avec la Fédération de la jeunesse canadienne-française. 
Le groupe de douze jeunes venus de partout au pays était invité à raconter leur expérience sur le terrain et proposer des moyens de moderniser la Loi aux réalités du XXIe siècle. 
« Je suis l'un des 757 chanceux parmi les 40 000 jeunes francophones de ma province en Alberta d'avoir pu étudier au Campus St-Jean. À mon avis, il n'y a pas assez de jeunes qui entendent le message qu'on peut vivre en français en Alberta. Si on le dit plus souvent, on va assurer la vitalité du français » a raconté Martin Kreiner, un jeune francophone de l'Alberta lors cette rencontre, qui était diffusée sur Facebook, une première au Sénat.
« La situation est difficile en Colombie-Britannique. Les jeunes se disent bilingues, plutôt que francophones. Il y a un engouement pour le français, dans les programmes d'immersion. Mais les structures empirent les distinctions entre francophones et francophiles alors que les jeunes, eux, n'en font pas. Ils veulent juste parler français » a raconté pour sa part Louis Roux, de la Colombie-Britannique.
« Moi, je détestais le français jusqu'à la sixième année. Mais j'ai compris qu'il y avait une communauté francophone très vivante lorsque je suis allé aux Jeux de l'Acadie de Bathurst. Avant, je n'avais pas d'identité acadienne, je viens d'une famille anglophone. Je parle avec un accent. Mais les jeunes me disent : "C'est fine. On te comprend" », a raconté Seth Fraser, de la Nouvelle-Écosse, soulignant la diversité des origines de nombreux jeunes qui veulent vivre en français partout au pays.
Des membres de communautés de langue officielle en situation minoritaire, des experts juridiques et de représentants d'institutions fédérales doivent participer à cette étude du comité qui se déroule en cinq volets et des rapports provisoires sur l'avancement des travaux seront présentés par le comité.