Le commissaire aux services en français, François Boileau

Symposium francophone: Boileau veut poursuivre sa mission

Tenir des échanges apolitiques au Symposium du Commissariat aux services en français était une lourde commande, compte tenu de l’actualité des dernières semaines. Le commissaire, François Boileau, estime toutefois que l’objectif a été atteint.

Son bureau menacé d’abolition par le gouvernement de l’Ontario, il était certainement tentant pour plusieurs de profiter de cette tribune pour dénoncer les politiques du premier ministre, Doug Ford. M. Boileau tenait toutefois à l’éviter, compte tenu du devoir de neutralité du Commissariat.

« J’ai demandé à tout le monde de respecter l’institution qu’est le commissariat et de ne pas faire de déclaration politique. [...] On n’en a pas eu, mais on a quand même parlé d’enjeux, alors c’était une très bonne journée. »

Ce Symposium faisait suite au rapport annuel du commissaire aux services français de l’été dernier qui dressait un portrait inquiétant de l’avenir de la francophonie en Ontario. François Boileau jugeait qu’à la lumière de ses constats, une journée de discussions et de réflexion s’imposait.

« Notre rapport annuel était extrêmement différent cette année, avec des projections dans le futur, en posant des questions précises et en faisant des constats très précis concernant l’avenir de la communauté francophone dans certains secteurs donnés. »

Au fil de la journée, les prospectives démographiques, le vieillissement de la population et l’accès aux soins en français, la transformation numérique des services gouvernementaux, ainsi que la survie des médias francophones en Ontario ont été abordés.

Parmi les panélistes, on trouvait nombre d’experts francophones, mais aussi des intervenants clé anglophones, comme des dirigeants d’hôpitaux et une sous-ministre responsable de la numérisation des services gouvernementaux.

« L’ensemble de la journée, c’est un peu mon rôle-conseil auprès du gouvernement de l’Ontario », explique M. Boileau.

Le président-directeur général de l’Hôpital Montfort, Dr Bernard Leduc, a assisté aux échanges et en ressort avec la conviction que son institution doit poursuivre ses efforts et « appuyer la communauté francophone et les travailleurs de la santé en Ontario pour augmenter l’accessibilité des services en français ».

Malgré l’épée de Damoclès qui pend au-dessus du Commissariat aux services en français, la députée d’Orléans, Marie-France Lalonde, estime qu’une « énergie positive » remplissait la salle où se déroulait le Symposium.

« On voit l’ampleur des besoins. On s’entend qu’en immigration, il faut continuer à investir pour atteindre les cibles et maintenir le poids démographique des francophones en Ontario », soutient Mme Lalonde.