D’autres francophones hors Québec ont été déçus, une fois de plus, de ne pas avoir été accueillis en français dans leur bureau de vote désigné, lundi.

«Sorry, I don’t speak French»

D’autres francophones hors Québec ont été déçus, une fois de plus, de ne pas avoir été accueillis en français dans leur bureau de vote désigné, lundi. Cette situation avait été déplorée par plusieurs lors du scrutin par anticipation.

À la fin de la journée du scrutin, 72 plaintes liées aux services en français et deux autres liées à la formation ont été envoyées au Commissariat aux Langues officielles (CLO). De ce nombre, 51 proviennent de l’Ontario.

Sur les réseaux sociaux, l’absence de services en français dans des bureaux de scrutin de la province a suscité des centaines de commentaires.

« Je suis allée voter dans ma petite communauté franco-ontarienne où j’ai toujours été servie en français, par contre, j’ai été accueillie en anglais au bureau de scrutin, a publié une résidente du village d’Alfred, Isabelle Labre, sur Facebook. J’ai continué à parler en français à la préposée qui me dit ‘Sorry I don’t speak French’. J’étais tellement frustrée. Il y avait même une carte disant qu’il y avait du service en français/anglais. »

Même chose pour une résidente de Timmins, qui a été servie en anglais seulement. « Très déçue. Petite affiche qui annonce le service bilingue, mais tout était en anglais. J’ai fait une plainte à Élections Canada et demain, une au commissaire aux langues officielles », a écrit Sylvie Gagné, lundi.

Pour une résidente de Lafontaine, un village du canton de Tiny, en Ontario, où près du quart de la population est francophone, il s’agit d’une situation de déjà vu. « En 2015, j’avais fait une plainte pour cela au Commissaire, se souvient Claudette Paquin. Élections Canada avait dit que cela ne se reproduirait plus. Eh bien, la personne à la porte ne parlait pas français et ni l’une ni l’autre des deux personnes à ma table 87 de scrutin ne pouvait parler français. »

Pour d’autres, c’est l’insistance qui leur aura permis d’être accueillis et servis en français. « J’ai été accueillie en anglais, mais j’ai demandé à plusieurs reprises, à différentes personnes pour un service en français. Et, je l’ai eu !... À Windsor », a pour sa part écrit Mélanie Moir sur Facebook.

« Le Commissariat travaille de très près avec Élections Canada pour régler les enjeux liés à leurs obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles », indique la responsable des communications du CLO, Andréanne Laporte.

À ses dires, Élections Canada a mis en place des procédures pour assurer le règlement rapide des plaintes reçues concernant les langues officielles.

Mme Laporte affirme aussi que dans la plupart des cas, « une résolution est prise quelques heures après la réception des plaintes ».

Le Commissariat aux langues officielles (CLO) arbore sur son site Web un questionnaire pour connaître l’expérience des électeurs dans la langue officielle de leur choix.

Le questionnaire confidentiel prendra en compte des renseignements comme le matériel promotionnel et publicitaire, les renseignements visuels, le contenu du site Web et les interactions avec le personnel d’Élections Canada au bureau de scrutin, entre autres. Il est possible de remplir le document d’ici le 28 octobre.