Le hockeyeur franco-ontarien, Francis Wathier, et l'entraîneur Jacques Martin suivent avec intérêt la lutte franco-ontarienne du moment.

«Si nous baissons les bras, tous nos combats n'auront rien donné»

Élevé dans le berceau francophone de Saint-Isidore dans l’Est ontarien, Francis Wathier n’a jamais eu à se soucier de perdre l’usage de sa langue maternelle dans sa jeunesse.

Mais après 10 années à rouler sa bosse dans les circuits professionnels aux États-Unis, le hockeyeur aujourd’hui âgé de 33 ans réalise à quel point son bilinguisme a été un atout précieux tout au long de sa carrière.

«En Ontario, c’est primordial d’être bilingue. Ce n’est même pas une option», avance ce double champion de la coupe du Président avec les Olympiques de Hull.

Francis Wathier a passé la majorité de sa carrière dans l’organisation des Stars de Dallas. En cours de route, son épouse Isabel et lui ont eu trois enfants. C’est un peu pour cette raison qu’il a choisi de rentrer dans ses terres après avoir pris sa retraite du hockey professionnel en 2015.

«Nous parlions en français à la maison, mais nous étions au Texas, en Iowa et dans le Maine. Par la force des choses, les enfants commençaient à être plus à l’aise en anglais. En revenant nous établir ici, un des objectifs était de remettre nos enfants dans un environnement bilingue.»


« C’est malheureux parce que nous avions fait des progrès dans le domaine de l’éducation. Beaucoup de jeunes ont l’occasion d’étudier en français et plusieurs anglophones envoient maintenant leurs enfants dans les écoles d’immersion parce qu’ils jugent important d’être bilingues. Nous étions dans une bonne position et les annonces du gouvernement Ford viennent freiner notre élan. Nous perdons des acquis. Nous devrions avoir le droit de nous exprimer dans notre langue maternelle en Ontario. Nos enfants devraient avoir le droit de grandir en faisant la promotion des deux langues officielles. »
Jacques Martin, entraîneur-adjoint des Penguins de Pittsburgh

Depuis deux semaines, Wathier et sa famille sont abasourdis par tout ce que le gouvernement conservateur de l’Ontario utilise comme instrument de propagande pour justifier ses coupes dans les services en français.

«C’est effrayant tout ce que les conservateurs ont fait vivre à leur député Amanda Simard depuis les annonces. Cette jeune dame-là a dû convaincre bien des gens de lui faire confiance dans Glengarry-Prescott-Russell en votant pour un parti qui n’a pas toujours été tendre envers les francophones. Elle a réussi à les convaincre, puis d’un seul coup, les promesses ne sont plus respectées. Pire, Ford arrive à nous faire sentir que les francophones n’ont pas d’importance dans la province.»


« Ah non, pas encore. J’ai grandi en français dans le quartier Eastview, puis Vanier. Nous avions les mêmes combats. Je pensais que nous en avions fini après l’affaire Montfort. Voilà qu’on retourne encore 20 ans en arrière. Tout est à refaire. »
Denis Potvin, défenseur élu au Temple de la renommée du hockey

Maintenant citoyen de Rockland, Francis Wathier tient sa francophonie à coeur. Il se souvient encore du combat pour la sauvegarde de l’Hôpital Montfort en 1997.

«La campagne S.O.S Montfort va rester gravée dans ma mémoire longtemps. J’ai des parents et des amis qui ont participé aux manifestations. Je connais tellement de gens qui ont réussi à conserver leurs emplois à Montfort parce que l’hôpital n’a pas fermé. Aujourd’hui, c’est un hôpital reconnu pour l’excellence de ses soins partout en province.»

Devenu entraîneur avec les Olympiques de Gatineau, à l’Académie canadienne et internationale de Rockland en plus d’offrir ses services d’entraîneur-consultant un peu partout dans la région, Wathier encourage sa communauté à se tenir debout devant le bras de fer qui s’annonce avec le gouvernement ontarien.

«Si nous baissons les bras, si nous décidons de laisser aller le gouvernement, nous retournerons 300 ans en arrière et tous nos combats précédents n’auront rien donné. Jusqu’où le gouvernement conservateur ira-t-il la prochaine fois?»

D’AUTRES RÉACTIONS

 «C’est malheureux parce que nous avions fait des progrès dans le domaine de l’éducation. Beaucoup de jeunes ont l’occasion d’étudier en français et plusieurs anglophones envoient maintenant leurs enfants dans les écoles d’immersion parce qu’ils jugent important d’être bilingues. Nous étions dans une bonne position et les annonces du gouvernement Ford viennent freiner notre élan. Nous perdons des acquis. Nous devrions avoir le droit de nous exprimer dans notre langue maternelle en Ontario. Nos enfants devraient avoir le droit de grandir en faisant la promotion des deux langues officielles.»

-Jacques Martin - entraîneur-adjoint avec les Penguins de Pittsburgh

 «Ah non, pas encore. J’ai grandi en français dans le quartier Eastview, puis Vanier. Nous avions les mêmes combats. Je pensais que nous en avions fini après l’affaire Montfort. Voilà qu’on retourne encore 20 ans en arrière. Tout est à refaire.»

-Denis Potvin - défenseur élu au Temple de la renommée du hockey