«Les collègues membres de l'ACUFC offrent déjà d'excellents programmes d'études offerts en français en éducation de la petite enfance et services à l'enfance. Nous sommes donc très heureux de nous associer à nos deux partenaires», a souligné Lise Bourgeois.

Services à la petite enfance en français: faire face à la pénurie «sans précédent»

Alors que les recherches démontrent que «tout se joue» durant la période préscolaire, les communautés francophones en situation minoritaire, elles, font face à une pénurie «sans précédent» d'accès aux services offerts en français pour la petite enfance. La demande dépasse l'offre, les infrastructures et les ressources humaines font défaut et les listes d'attente s'allongent.
Dans le but de répondre à cette problématique déjà soulevée dans un rapport accablant en 2016 par l'ex-commissaire aux langues officielles Graham Fraser, trois organismes viennent de conclure une alliance stratégique visant à accroître l'offre des services, soit l'Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), la Commission nationale des parents francophones (CNPF), et le Réseau de développement économique et d'employabilité (RDÉE Canada).  
En misant sur la complémentarité de leurs mandats, les trois organismes joignent ainsi leurs forces afin d'explorer et mettre de l'avant des solutions à cette problématique qui touche les communautés francophones partout au pays avec une approche conjuguant l'éducation, l'employabilité et l'entrepreneuriat. 
«Les collègues membres de l'ACUFC offrent déjà d'excellents programmes d'études offerts en français en éducation de la petite enfance et services à l'enfance. Nous sommes donc très heureux de nous associer à nos deux partenaires», a souligné Lise Bourgeois, présidente de la Cité collégiale et coprésidente de l'ACUFC, à propos de cette nouvelle alliance.
Un rapport «accablant» de Graham Fraser
En octobre 2016, l'ex-commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, avait publié un rapport «accablant», le dernier de son mandat, sur les services offerts à la petite enfance en français où il constatait le manque de ressources, la pénurie de personnel et la fragmentation des services qui nuisent au développement de la petite enfance dans les communautés francophones en situation minoritaire. 
Rappelant lui aussi que «tout se joue avant six ans», le commissaire avait mentionné l'importance de cette période pour le développement cognitif et social de l'enfant, et de son identité culturelle. Il recommandait alors au gouvernement fédéral un financement et des mesures spécifiques dans son prochain plan d'action sur les langues officielles, prévu en 2018.
Une «vision globale»
«Les parents de la minorité francophone devraient avoir le choix d'inscrire leurs enfants à des centres de la petite enfance qui offrent des services en langue française», a indiqué la présidente de la CNPF. Véronique Legault. 
Cette alliance contribuera, souligne-t-elle, à ce que le régime préscolaire fasse partie d'une «vision globale» favorisant l'épanouissement linguistique et culturel de la minorité francophone au Canada. De son côté, le président du RDÉE Canada, Michel Matifat, estime que le développement des systèmes d'apprentissage et de garde des jeunes enfants en langue française «est le meilleur investissement que l'on puisse faire pour contribuer à la vitalité de nos communautés francophones et renforcer leur économie et celle du Canada».