Julie Brisson et Amanda Simard entourent la ministre Caroline Mulroney.

Rencontre avec les entrepreneurs francos

Caroline Mulroney veut comprendre les différents obstacles auxquels font face les entrepreneurs francophones de l’Ontario, et ce, au moyen de tables rondes, organisées un peu partout en province. La ministre déléguée aux Affaires francophones était de passage à Embrun, jeudi.

Parmi les plus grands défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs de l’Ontario se trouvent les nombreux fardeaux administratifs, comme lors de demandes de subventions.

« Pour beaucoup d’entre eux, surtout pour les petites et moyennes entreprises, ça peut être difficile. Les fardeaux administratifs, c’est une problématique pour tous les gens d’affaires et peuvent affecter autant les francophones que les anglophones », explique Mme Mulroney.

Pour les entrepreneurs francophones, les défis sont encore plus grands. En plus de la pénurie de main-d’œuvre à l’échelle nationale, les employés bilingues sont difficiles à recruter, surtout en région. « Le défi est aussi de trouver des moyens de les garder dans les régions. Pour garder la main-d’œuvre dans les communautés francophones, il faut avoir la communauté autour », mentionne la ministre.

En plus des enjeux de recrutement, Mme Mulroney relate aussi ceux entourant les différents services, soit « les problèmes axés sur les services de la santé, l’accès aux services juridiques en français, les services culturels aussi, ou la garde d’enfants ».

Malgré la pénurie de main-d’œuvre et les difficultés à dénicher des travailleurs bilingues, la ministre continue de rassurer les entrepreneurs franco-ontariens. Questionnée sur l’avenir qui leur est réservé, elle a dit souhaiter que les entrepreneurs et les travailleurs « considèrent l’Ontario comme une bonne place pour travailler, pour embaucher et pour investir. Pour les francophones, on veut que le gouvernement continue à travailler pour eux, et non contre eux. On souhaite les encourager à investir ».

La présidente de la Chambre de commerce de Prescott-Russell, Julie Brisson, est très heureuse des conclusions de la table ronde. « Ç’a été très constructif et positif, les gens ont apporté beaucoup de commentaires de la réalité d’être un entrepreneur francophone en Ontario. Ça va certainement aider Mme Mulroney à dresser un rapport pour bien connaître les facteurs à prioriser », fait-elle valoir.

Celle-ci rapporte que certains commentaires ont aussi tourné autour du défi particulier de la région de Prescott-Russell, c’est-à-dire les nombreux emplois fédéraux dans la région de la capitale nationale. « Nous, dans la région, on a un défi unique qui est de compétitionner avec Ottawa et les salaires avantageux des employés du gouvernement fédéral », déplore Mme Brisson.

Cette dernière s’est toutefois dite choyée que le gouvernement provincial s’intéresse ainsi aux gens d’affaires francophones. « Ça nous donne espoir qu’on est écoutés, et qu’on est pas oubliés. C’est très rare qu’un entrepreneur francophone a la chance de se faire écouter par les paliers gouvernementaux. »

C’était intéressant qu’ils pensent à nous spécifiquement. »