Jean Poirier a tenu à dénoncer les propos tenus par Denise Bombardier, dimanche soir, sur le plateau de Tout le monde en parle

Propos de Denise Bombardier: « personne n’a le monopole du français », dit Jean Poirier

Bien connu pour ne jamais avoir eu la langue dans sa poche, l’ex-député provincial de Prescott-Russell, Jean Poirier, a réagi aux propos tenus par la journaliste et romancière Denise Bombardier lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir.

L’an dernier, Mme Bombardier avait fait vivement réagir les francophones de tout le pays en affirmant sur ce même plateau qu’« à travers le Canada, toutes les communautés francophones ont à peu près disparu ».

Invitée une fois de plus à l’émission, Mme Bombardier a redémarré l’engrenage en déplorant la langue « à peu près inintelligible » qu’utilisent certains francophones. 

En affirmant que « personne n’a le monopole du français », M. Poirier a tenu à dénoncer ce genre de propos, qu’il considère comme condescendants. « La question qui trouve rarement réponse, c’est ‘Pourquoi on en est arrivé là ?’ Quand on voit comment on a été bafoué, toutes les fois où on nous a demandé de ‘speak white’, et toute la question de l’accès à l’éducation en français dans les provinces hors Québec, on comprendrait. »


« « Il faut arrêter de critiquer les francophones hors Québec et les Québécois. » »
Jean Poirier

Dans un extrait du documentaire Denise au pays des Francos, Mme Bombardier corrige un anglicisme prononcé par l’un de ses interlocuteurs.

Pour M. Poirier, c’est exactement ce genre de comportements qui contribuent à décourager l’enseignement et l’utilisation de la langue de Molière. « Si on veut encourager les jeunes à s’exprimer en français, et à vouloir apprendre le français, ce n’est pas en les rabaissant. Il faut arrêter de critiquer les francophones hors Québec et les Québécois. »

L’ex-député de l’Est ontarien rappelle qu’il ne faut surtout pas oublier l’histoire, parfois douloureuse, des communautés francophones du Canada. Il se souvient notamment que dans ses bureaux de député provincial, il offrait des dépliants à ses visiteurs dans les deux langues officielles. « La quasi-totalité, s’ils avaient cinq ans de plus que moi, ils me demandaient toujours le matériel en anglais, même s’ils étaient des francophones, parce qu’ils n’avaient pas bien appris à lire le français à l’école. »