Pierre De Blois est décédé jeudi soir.

Pierre de Blois rend l'âme

Un pilier de la francophonie ontarienne, Pierre de Blois, s'est éteint. Sa mort subite, survenue tard jeudi soir, a provoqué une onde de choc dans le milieu.
Le cofondateur du Festival franco-ontarien (FFO) et organisateur politique libéral dans la région aurait été victime d'un infarctus lors d'une réunion du conseil d'administration du condominium où il habitait, à Ottawa.
C'est d'abord l'homme d'affaires franco-ontarien bien connu Rhéal Leroux qui a ébruité la nouvelle sur sa page Facebook, en pleine nuit, alors que ce dernier se trouve en Europe. 
«Triste nouvelle : mon très très grand ami Pierre de Blois est décédé tard en soirée hier à la suite d'un infarctus. Je suis complètement ébranlé», a-t-il écrit. 
L'actuel directeur général du FFO, Daniel Simoncic, qui a remis l'événement sur les rails en 2006, conserve un excellent souvenir de M. de Blois. Pour lui, il agissait en quelque sorte comme un mentor.
«C'est la première personne que j'ai consultée quand repris les rênes du festival, c'était un ami. Une partie de l'âme du festival était dans sa tête, alors maintenant il va veiller sur nous d'une autre façon. On perd un gros morceau. Pierre était toujours à l'autre bout de ligne si j'avais des questions. Chaque fois que je le voyais et qu'on parlait du FFO, ses yeux pétillaient», a-t-il indiqué.
À son avis, un hommage lui sera sans contredis rendu lors de la 43e édition du Festival en juin 2018. 
Les hommages ont fusé de partout sur les médias sociaux, à commencer par le maire d'Ottawa Jim Watson.
Pierre de Blois a été fait membre de l'Ordre d'Ottawa en 2013. Sur la photo, il est accompagné de l'animatrice Ginette Gratton.
«Il était un résident engagé et un pilier de la francophonie en Ontario. Son départ laissera un vide dans notre communauté. [...] Au revoir, Pierre», a-t-il gazouillé sur Twitter au sujet de celui qui a milité longuement pour obtenir des conseils scolaires francophones en sol ontarien.
Quant à la ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde, elle a décrit l'homme comme un «grand défenseur de la francophonie ontarienne et membre engagé de la communauté à Ottawa». 
Le commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, a également tapé 140 caractères pour lui dire au revoir. 
«La perte de Pierre de Blois est profonde, un bâtisseur certes, une éminence grise comme pas un. Nous lui devons tant !», a écrit ce dernier. 
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) et l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) ont aussi salué les réalisations de M. de Blois, le président de l'AFO Carol Jolin affirmant qu'il retiendra de lui «sa ténacité et son désir de changement pour de meilleurs services aux francophones».
Pierre de Blois (à gauche) est honoré en 2010 avec les autres cofondateurs du FFO, à l'aube du 35e anniversaire du festival.
Pierre de Blois a entre autres oeuvré pendant plus d'une décennie au Commissariat aux langues officielles, en plus d'avoir été directeur général de l'Association professionnelle des cadres supérieurs de la fonction publique du Canada. Il a aussi présidé l'Association des communautés francophones d'Ottawa et siégé au Bureau des gouverneurs de l'Université d'Ottawa. Il a également été membre du conseil d'administration du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable. Au fil de sa carrière, il a reçu plusieurs distinctions, dont l'Ordre d'Ottawa en 2013 et le Prix Bernard-Grandmaître en 2008. 
L'Ottavien laisse dans le deuil son épouse, Deborah, ainsi que ses trois enfants et des petits-enfants.

Madeleine Meilleur ébranlée 

L'ex-ministre déléguée aux Affaires francophones et procureure générale de l'Ontario, Madeleine Meilleur, est complètement bouleversée par la mort inattendue de Pierre de Blois. 
À l'occasion de l'une de ses rares entrevues médiatiques depuis le scandale en lien avec sa nomination avortée à titre de commissaire aux langues officielles du Canada, elle a qualifié les événements de « tragédie », rappelant que la communauté franco-ontarienne perd un autre géant après Mauril Bélanger en août 2016. 
Visiblement ébranlée, elle affirme que la conjointe de ce dernier, Deborah, lui a téléphoné en pleine nuit pour l'informer du décès de celui qui durant un quart de siècle a été un organisateur politique pour elle. 
« Je n'ai pas vraiment dormi par la suite, je ne pensais qu'à ça. Nous étions plus que des amis, je l'ai toujours considéré comme un frère, et lui me voyait comme une soeur. Il a présidé presque toutes mes campagnes électorales. Vraiment, on perd un très grand francophone, j'ai peine à exprimer la tristesse que je ressens », a-t-elle lancé au bout du fil. 
L'ex-députée affirme qu'elle ne réalise pas encore qu'elle ne côtoiera plus l'homme qu'elle considérait comme un conseiller très précieux. « Il était très respecté et avait beaucoup d'influence. En tout cas, il était trop jeune pour mourir », a-t-elle ajouté.