La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney, est sur la sellette depuis cinq jours en raison des décisions prises par son gouvernement.

Mulroney décline l'invitation du Comité permanent des langues officielles

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, décline l’invitation du Comité permanent sur les langues officielles. Elle n’a pas l’intention de venir à Ottawa pour parler des enjeux entourant l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français et de l’abolition du Commissariat aux services en français.

«J’ai reçu l’invitation et j’ai avisé le Comité que je ne pourrais pas être là, a indiqué Mme Mulroney mardi matin. Je suis dans la Chambre à Toronto prête et disponible pour répondre à des questions y compris à des conférences de presse. Les raisons pour les politiques que nous avons annoncées sont connues et je suis prête à en discuter avec les gens ici à Toronto et en Ontario, mais je vais rester ici à Queen’s Park.»

Le Comité a adopté à l’unanimité la motion pour inviter la ministre ontarienne à venir échanger avec ses membres. Les députés fédéraux voulaient discuter «de la vitalité des communautés francophones de l’Ontario à la lumière des récentes décisions (…) lors d’une réunion publique, télévisée, d’une durée de deux heures», stipulait la motion.

Concernant l’invitation de la ministre fédérale Mélanie Joly, Mme Mulroney soutient qu’elle est disponible pour lui parler au téléphone.

La ministre des Langues officielles et de la Francophonie du Canada aurait préféré parler plus tôt à son homologue ontarienne. Mme Mulroney aurait proposé vendredi, selon le bureau de la députée Joly.

«On aurait aimé que ce soit hier soir. Pour nous, ça nous montre qu’elle ne comprend pas l’urgence du dossier et l’impact que ça crée dans la communauté», explique Jeremy Ghio, attaché de presse de Mme Joly.

Trudeau préoccupé

Par ailleurs, à son arrivée à son bureau mardi matin, Justin Trudeau a quant à lui de nouveau critiqué la décision du gouvernement Ford. Il s’est dit «très préoccupé» et souligné qu’il était «important qu’il sache que les gens à travers le pays sont préoccupés».

Le premier ministre n’a pas voulu dire, cependant, s’il entend exprimer cette préoccupation directement à Doug Ford, dont la fronde contre les francophones de l’Ontario a alimenté les querelles partisanes entre libéraux et conservateurs à la Chambre des communes.

De l’argent pour contester

Les libéraux semblent vouloir battre le fer pendant qu’il est chaud: ils ont finalement dévoilé mardi après-midi l’identité des experts du programme de contestation judiciaire, un programme dont ils avaient annoncé le rétablissement il y a près de deux ans, en février 2017.

Deux comités composés de 14 membres à temps partiel ont été mis sur pied; l’un sera responsable des droits en matière de langues officielles, l’autre, des droits de la personne. Ils évalueront les demandes de financement de causes types et accorderont les appuis financiers.

Des 5 millions $ qui seront investis annuellement dans le programme, au moins 1,5 million $ seront alloués à la clarification des droits en matière de langues officielles, selon ce qu’a précisé le gouvernement libéral mardi.

«Le respect et le plein exercice des droits linguistiques, incluant les droits à l’instruction des communautés de langue officielle en situation minoritaire, sont d’une importance cruciale pour notre gouvernement», a déclaré la ministre Joly dans un communiqué.

Le programme de contestation judiciaire était passé à la trappe sous le précédent gouvernement conservateur. Il permet à des individus ou des groupes de toucher un appui financier pour défendre leurs droits en matière de langues officielles devant les tribunaux.

Il avait été fort utile aux Franco-Ontariens dans leur bataille judiciaire contre la décision du gouvernement progressiste-conservateur de Mike Harris de fermer l’hôpital Montfort, le seul hôpital universitaire francophone de l’Ontario.

Membres du comité d’experts chargé des droits en matière de langues officielles:

- Emmanuelle Richez, professeure adjointe de science politique, Université de Windsor

- James Shea, président, Commission scolaire Western Québec School Board

- Thomas Maillet, avocat en pratique privée

- Marie-Claude Rioux, directrice générale, Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse

- Johane Tremblay, avocate générale et directrice des Affaires juridiques à la retraite du Commissariat aux langues officielles

- Gilles LeVasseur, avocat et professeur de gestion et de droit, Université d’Ottawa

- André Poulin-Denis, avocat au sein du cabinet Gowling WLG

- Avec La Presse canadienne