Le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau.

Moins de plaintes des «francophones vulnérables»

TORONTO — L’annonce de l’élimination du Commissariat indépendant aux services en français semble décourager certains Franco-Ontariens à porter plainte à son bureau, s’attriste François Boileau. Au cours des dernières semaines, il n’a presque plus reçu de plaintes sur les services à l’enfance, les services sociaux ou le milieu de la santé. Une anomalie, affirme Me Boileau.

La crise linguistique a provoqué un bond du nombre de plaintes. Depuis le 15 novembre, près de 150 ont été déposées, ce qui devrait amener le total annuel à près de 400 plaintes. Si de nouveaux citoyens ont signalé à François Boileau des anomalies dans les services en français en Ontario, d’autres citoyens ont disparu des radars, a-t-il constaté.

«Les Franco-Ontariens en situation vulnérable, on a toujours eu des défis pour les rejoindre. Mais l’annonce de la fermeture du Commissariat, ça ne semble pas leur avoir envoyé le bon message en ce qui concerne leurs droits», confie-t-il dans un entretien à #ONfr.

«Il y a peut-être des gens qui pensent qu’on est déjà fermé. Plein de gens m’écrivent pour me demander ce que je fais depuis la fermeture du Commissariat. Mais je suis encore commissaire! Les gens ne doivent pas se décourager, ils doivent se plaindre encore s’ils ont des problèmes qui touchent leur quotidien, leur vie», affirme Me Boileau. «Nos droits ont été menacés et brimés dans la mesure où le Commissariat a été éliminé. C’est le message qui a été compris par la population», ajoute celui qui pourrait perdre son poste dès la fin du mois de mars.

La crise linguistique a tourné les projecteurs vers le Commissariat aux services en français. Mais les plaintes qui en ont découlé concernent davantage «l’égalité des deux langues», plutôt que des questions de fond.

«Si je reçois une plainte sur l’absence d’un panneau Emergency Exit en français, je comprends le plaignant, il a raison. Mais il est pas mal plus pertinent pour moi de me pencher sur une plainte concernant un travailleur à l’enfance unilingue anglophone et d’aller voir s’il y a un problème systémique», explique-t-il.