Mélanie Joly assure qu’elle n’est pas partie en guerre contre le gouvernement provincial de l’Ontario, depuis l’annonce des coupes dans les services en français.

Mélanie Joly, à la défense des minorités linguistiques [VIDÉO]

La ministre fédérale Mélanie Joly promet de ne pas laisser tomber les Franco-Ontariens. Elle s’engage à poursuivre ses pressions sur Queen’s Park afin de conclure une entente sur le financement de l’Université de l’Ontario français (UOF) et ainsi assurer la survie du projet à long terme.

Près de deux semaines se sont écoulées depuis l’annonce du financement de 1,9 million de dollars de la part du fédéral et Ottawa n’a toujours pas reçu de réponse formelle de la part des élus à Toronto. Une situation qu’a déplorée la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie du Canada lors d’un tête-à-tête avec Le Droit au coeur du village d’Embrun.

«C’est un projet qui est légitime et sa légitimité a été reconnue dans une Loi qui a été promulguée par Queen’s Park l’été dernier. Une fois que c’est fait, je pense qu’il y a du travail à faire pour financer cette université-là. Nous, on a mis 1,9 million $ sur la table, mais il y a de l’argent dans le Plan d’action pour les langues officielles pour soutenir davantage le projet, répète la ministre fédérale. Quand j’ai bâti le Plan d’action pour les langues officielles, j’avais en tête le projet de l’Université de l’Ontario français, parce que plein de jeunes francophones en Ontario m’en parlaient. Alors, le financement est là et j’attends la demande», martèle Mme Joly alors qu’elle s’attable à la Brasserie Étienne Brûlé où elle a goûté à quelques produits locaux tout en écoutant le propriétaire des lieux lui parler de son projet.

La bouée de sauvetage lancée par le fédéral permet à l’équipe de l’UOF de rester en poste pour la prochaine année et de travailler à la mise en place d’un Carrefour francophone du savoir et de l’innovation à Toronto.

La ministre libérale assure qu’elle n’est pas partie en guerre contre le gouvernement provincial de l’Ontario, depuis l’annonce des coupes dans les services en français, mais admet du même souffle qu’elle joue le rôle que lui a confié le premier ministre Justin Trudeau en lui donnant un nouveau portefeuille l’été dernier.

«Ils [les progressistes-conservateurs] ont décidé de faire des coupures qui affectent directement les francophones en Ontario, alors que la mission que le premier ministre m’a donnée et notre vision du pays, c’est de soutenir davantage les francophones parce qu’on sait qu’ils font face à des défis d’assimilation, explique-t-elle. On a développé toute une vision, tout un plan de match qu’on appelle le Plan d’action sur les langues officielles pour soutenir nos minorités linguistiques. Et quand on voit un gouvernement au pays s’attaquer directement à leurs droits, c’est sûr que mon boulot, c’est de les défendre et c’est exactement ce que je fais.»

Signal fort

Mélanie Joly rappelle que son gouvernement soutient toutes les provinces et les territoires dans les questions de langues officielles, pas seulement l’Ontario. Elle cite en exemple l’appui donné à l’Alberta qui développe sa première politique sur les services en français et la création d’une nouvelle école francophone pour les étudiants de Whitehorse.

«[En Ontario], la question était plus politisée parce que c’était des coupures et ç’a pris les gens par surprise. Il y a eu une grande mobilisation et beaucoup d’émotion, concède la ministre. Mais nous, c’est en lien avec tout le travail qu’on fait depuis longtemps. Ça a lancé un signal fort aussi à tous les gouvernements à travers le pays qui sont prêts à faire des économies sur le dos des francophones. Il n’en est pas question, ça ne passe pas.»

Elle a profité de son passage à Hawkesbury et à Embrun pour échanger avec les membres de la communauté franco-ontarienne. La protection du fait français, le tourisme et les langues officielles étaient au coeur des discussions. Elle leur a envoyé un message clair dès le début de sa journée dans l’Est ontarien affirmant que son gouvernement s’engage à défendre les droits des communautés en milieu minoritaire.

«La question des droits linguistiques, ce n’est pas une question provinciale, c’est une question fédérale parce que c’est une question identitaire», a-t-elle lancé devant les militants francophones rassemblés au centre culturel Le Chenail à Hawkesbury.