Marcel Gingras

Marcel Gingras n’est plus

Marcel Gingras, l’éditorialiste du quotidien Le Droit qui a milité pour les droits scolaires des Franco-Ontariens dans les années 1960, est mort.

Âgé de 92 ans, il a eu une longue et illustre carrière qui s’échelonnera sur 25 ans au Droit, entre 1949 et 1973, pendant lesquelles il a été journaliste, courriériste parlementaire puis éditorialiste-en-chef. Après sa carrière dans les médias, il est allé travailler à la Commission de la fonction publique pendant une douzaine d’années avant de prendre sa retraite en 1986.

« C’était un bon journaliste, et un gentleman aussi, a réagi Gertrude Pelletier-Lapointe, une journaliste qui l’a côtoyé à partir de son entrée au Droit en 1952. Il a souvent fait la une du journal sur la question des écoles séparées, il faisait ses devoirs. »

Originaire de Trois-Rivières, il y fait ses premières armes en journalisme à titre de correspondant pour le journal de Québec L’Action catholique (aujourd’hui disparu), avant de débarquer à Ottawa en avril 1949. Il quitte pour le Bureau fédéral de la traduction en 1951, et revient au Droit en 1955. Il couvrira l’actualité parlementaire à Queen’s Park, puis au Parlement d’Ottawa, à l’époque du premier ministre conservateur John Diefenbaker. Ses années auprès de lui épiceront un livre, Diefenbaker et le Canada français qu’il signera en 1997.

Il quitte alors Le Droit une autre fois pour La Presse, et revient au Droit en 1964 où il devient éditorialiste, puis éditorialiste-en-chef, jusqu’en 1973. Ce passage est entre autres marqué par le combat scolaire par les Franco-Ontariens qui obtiennent enfin leurs écoles secondaires payées par l’État, puis la gestion scolaire. M. Gingras est au cœur de ce débat avec sa plume recherchée et bien aiguisée, considérée comme la plus belle qui ait marqué les pages éditoriales du Droit depuis sa création en 1913.

Les éditoriaux de M. Gingras lui ont procuré une citation honorifique en 1970 au Concours national de journalisme, le seul Franco-Ontarien à obtenir cette distinction.

Grand supporteur du monde des arts de la scène et des arts visuels, il était un régulier au Centre national des arts et ailleurs. Célibataire, il était souvent accompagné de sa mère, Edith, décédée à 99 ans, ou d’amies chères. Parlant de l’une d’entre elles, il a confié un jour : « Elle a eu la mauvaise idée de mourir. »

Petit et frêle, il s’est retiré dans sa maison du quartier Overbrook jusqu’en 2017, où à la suite d’une hospitalisation à l’hôpital Montfort, sa famille décida de lui trouver une chambre dans une résidence pour personnes autonomes dans le quartier New Edinburgh, se rappelle l’historien Jean-Yves Pelletier, qui l’a côtoyé dès 1988 au conseil d’administration des Éditions L’Interligne.

Il signe d’ailleurs une page biographique dans L’Alliance française d’Ottawa, 1905-2005 : un siècle d’histoire puisque M. Gingras a présidé l’Alliance française de 1979 à 1981. Il a aussi siégé à la Bibliothèque d’Ottawa pendant 13 ans, lui qui était diplômé en bibliothéconomie.

Fait inusité, Marcel Gingras est décédé le 1er novembre 2018, mais ce n’est que demain, samedi, que sera célébré un service à sa mémoire, à 14 h, à la maison funéraire Racine, Robert & Gauthier, du chemin Montréal.

Il laisse dans le deuil sa sœur Colette, Serge et Jean-Marc, tous dans la région d’Ottawa, et Solange, de Montréal.