Soukaina Boutiyeb obtient un nouveau mandat à la présidence de l’ACFO. Une marque de confiance fort appréciée par la principale concernée.

Mandat renouvelé pour la présidente de l'ACFO

Soukaina Boutiyeb a été reconduit à la présidence de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) mercredi soir lors de la 49e assemblée générale annuelle de l’organisme.

Mme Boutiyeb demeurera à la tête de l’ACFO pour les deux prochaines années. Elle venait tout juste de conclure un mandat d’un an à la présidence de l’organisation.

« L’ACFO d’Ottawa est quelque chose qui me tient à cœur, je suis fière d’être francophone et surtout d’être franco-ontarienne. »

Son objectif principal pour l’étendue du nouveau mandat est « d’assurer un bilinguisme bien ancré au sein de notre capitale nationale ».

« Je veux qu’on fasse des consultations concrètes dans notre communauté avec l’aide de différents acteurs économiques, artistiques et municipaux autour de notre table. »

Elle compte également veiller à la santé financière de l’organisme. « Oui, nous avons eu un surplus l’année dernière, mais on a connu plusieurs années difficiles avant ça. C’est important d’avoir une santé financière stable et concrète. »

« Il faut également s’assurer que nos députés, autant municipaux que provinciaux et fédéraux, connaissent les enjeux de la francophonie ottavienne », renchérit Mme Boutiyeb.

La députée d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, était présente pour l’occasion. Elle a d’ailleurs pris quelques minutes pour s’adresser à l’assemblée.

« L’ACFO d’Ottawa est un organisme très dynamique et je suis contente d’être là pour travailler avec vous pour le bien de la communauté. »

La députée ajoute que « dans le nouveau plan d’action sur les langues officielles, il y a un montant qui va être dédié à la ville d’Ottawa. Je pense que c’est excellent qu’on travaille tous ensemble pour s’assurer que ce soit la société civile qui en bénéficie. »

Mme Fortier, nouvelle membre du comité des langues officielles à la Chambre de communes, soutient que les enjeux francophones sont très importants pour elle, mais aussi pour l’ensemble de la communauté. Elle invite d’ailleurs les citoyens à se faire entendre sur les enjeux francophones qui les préoccupent.

« Je suis très contente, parce qu’on a un projet de modernisation de la loi sur les langues officielles et j’espère que les citoyens et citoyennes vont pouvoir y participer activement. »

Francophonie

Démarche judiciaire pour rendre la Constitution officiellement bilingue

Le sénateur Serge Joyal et le professeur de droit à l’Université d’Ottawa, François Larocque, passent à la vitesse supérieure. Fatigués d’attendre un geste d’Ottawa, ils poursuivent le gouvernement fédéral devant les tribunaux pour forcer l’adoption d’une constitution canadienne officiellement bilingue.

Selon l’Association du Barreau du Canada (ABC), 71 % des textes constitutionnels n’ont toujours pas de version française officielle, incluant la Loi constitutionnelle de 1867.

« Comme professeur de droit qui enseigne la common law en français, c’est toujours gênant de dire à mes étudiants : voici l’acte constitutionnel en français, mais on ne peut pas s’y fier », raconte M. Larocque.

Car, comme le rappelle le sénateur québécois Serge Joyal, à l’heure actuelle, la seule version juridique officielle de la constitution est la version anglaise.

« Dans mon travail au Comité sénatorial des affaires juridiques et constitutionnelles, je n’ai même pas accès à la constitution dans la langue de mon choix », insiste celui qui siège sur ce comité depuis 1997.

MM. Joyal et Larocque ont donc saisi la Cour supérieure du Québec à Montréal pour forcer le gouvernement fédéral à adopter la constitution canadienne en français dans son intégralité.

« Devant l’inaction politique, nous n’avons pas d’autres avenues. À chaque nouveau ministre de la justice, on espère, mais force est de constater que ce n’est pas une préoccupation. Pourtant, c’est fondamental », insiste le sénateur Joyal.

LA VERSION FRANÇAISE EXISTE DÉJÀ

Actuellement, deux versions françaises existent, la version historique de 1867 de l’avocat Eugène-Philippe Dorion et celle du comité de rédaction constitutionnelle française de 1982.

« C’est celle qu’il faut garder, car c’est la version la plus récente. Le travail a déjà été fait », tranche l’avocat acadien, spécialiste des droits linguistiques, Michel Doucet qui pointe du doigt la contradiction d’avoir une constitution valide dans une seule langue pour un pays bilingue.

L’article 55 de la Loi constitutionnelle de 1982 prévoyait pourtant une obligation d’adopter une version française « dans les meilleurs délais ».

« Il s’agit de parachever le rapatriement de la constitution en passant à la prochaine étape et en validant la version en français », explique M. Larocque.

ROUVRIR OU NON LA CONSTITUTION ?

En 1999, une plainte avait été déposée auprès de la Commissaire aux langues officielles de l’époque, Dyane Adam, qui l’avait déclarée « non fondée ».

Ces dernières années, l’ABC et plusieurs autres voix ont tenté de relancer le dossier, notamment devant le comité sénatorial permanent des langues officielles, mais aussi lors d’une journée d’étude, en 2015, intitulée « Une constitution officiellement bilingue pour le Canada en 2017 ? ».

Mais quatre ans plus tard, rien n’a bougé.

« Depuis les échecs du Lac Meech et de Charlottetown, il y a une fatigue constitutionnelle », estime M. Joyal, qui livre ici sans doute sa dernière grosse bataille comme sénateur, puisqu’il quittera son poste en février 2020.

Francophonie

Le militant franco-ontarien Yves Saint-Denis s'éteint

La francophonie ontarienne pleure la mort de l’un de ses pionniers alors que le fondateur de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de Prescott-Russell, Yves Saint-Denis, s’est éteint lundi à l’âge de 78 ans.

La francophonie ontarienne pleure la mort de l’un de ses pionniers alors que le fondateur de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de Prescott-Russell, Yves Saint-Denis, s’est éteint lundi à l’âge de 78 ans. 

Le professeur de carrière et ancien président de l’ACFO provinciale, qui a cumulé au cours de sa vie les distinctions honorifiques, dont l’Ordre des francophones d’Amérique et l’Ordre de la Pléiade, avait depuis plusieurs années une santé très précaire. Il combattait le cancer, en plus d’avoir subi plus d’une dizaine de chirurgies et l’ablation de ses reins au fil des dernières années. 

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Au printemps dernier, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal lui a décerné la médaille d’argent « Bene Merenti de Patria » pour souligner sa contribution exceptionnelle à la francophonie. Un honneur qu’il a reçu entouré de son épouse, de ses enfants et de ses petits-enfants. 

Malgré sa santé physique, le militant franco-ontarien reconnu pour son franc-parler avait participé à l’importante manifestation qui s’est déroulée à Ottawa en décembre dernier pour protester contre les compressions dans les services en français annoncées par le gouvernement Ford. 

Francophonie

La dualité linguistique canadienne bien vivante

Un documentaire et un livre en lien avec les commémorations du 50e anniversaire de l’adoption de la première Loi sur les langues officielles ont été lancés lundi soir à Ottawa.

L’événement qui s’est déroulé à La Cité était organisé par la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures.

Francophonie

Université de l'Ontario français: l’entente est signée

Après des mois de tractations pour faire revivre le projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), le gouvernement fédéral et le gouvernement de l’Ontario ont signé une entente de principe samedi pour financer le projet.

La nouvelle a été annoncée conjointement par la ministre des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, et la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney.

Cette entente de collaboration permettra de financer l’université à hauteur de 126 millions $ au cours des huit prochaines années. Les deux paliers de gouvernement s’engagent d’ailleurs à mettre en place un comité qui travaillera à la mise sur pied de l’UOF ainsi que sur les négociations concernant son financement. 

L’entente comprend notamment une clause qui permet au gouvernement fédéral d’être protégé dans l'éventualité où le gouvernement ontarien «ne soit pas en mesure de fournir le financement dans les délais prévus». Cette clause constituait une pomme de discorde entre Ottawa et Queen's Park.

«Je suis ravie que nous ayons conclu aujourd’hui, date du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles, une entente qui permet au gouvernement fédéral d’aider les gouvernements provinciaux et territoriaux à répondre aux besoins des minorités de langue officielle partout au pays. En cette journée d’anniversaire, nous avons une raison de plus de célébrer», a lancé la ministre Joly.

Francophonie

Andrew Scheer donne son appui à l'Université de l'Ontario français

Le Parti conservateur du Canada (PCC) vient de diminuer l’incertitude pour l’avenir de l’Université de l’Ontario français (UOF) que causerait le déclenchement des élections fédérales sans entente pour le financement de l’institution.

Le chef de la formation politique, Andrew Scheer, annonce vendredi matin qu’il soutient le projet. Sans préciser la somme qu’il est prêt à verser, il affirme qu’un gouvernement fédéral dirigé par le PCC participerait au financement du démarrage de l’UOF.

Dans le cadre d’une rencontre entre les chefs des partis fédéraux en novembre dernier, M. Scheer soutient avoir mis des propositions sur la table pour favoriser la création de l’UOF.

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«Lors de cette rencontre, j’ai non seulement réaffirmé mon appui au projet, mais j’ai également mis de l’avant des idées concrètes pour sa réalisation, comme de léguer à l’UOF des terrains ou édifices qui appartiennent au gouvernement fédéral», indique le chef conservateur dans un communiqué.

Rappelons que le gouvernement libéral fédéral et le gouvernement progressiste-conservateur ontarien négocient de façon plus intensive depuis quelques jours pour officialiser une entente sur le financement de l’UOF avant le déclenchement des élections fédérales.

La présidente du conseil de gouvernance de l’UOF, Dyane Adam, a affirmé au Droit jeudi que l’absence d’un accord avant les élections pourrait retarder de «plusieurs années» l’ouverture de l’établissement d’enseignement supérieur réclamé depuis longtemps par la communauté franco-ontarienne.

Francophonie

UOF: l'Ontario financera sous certaines conditions

Le gouvernement de l’Ontario change son fusil d’épaule et accepte de financer le projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), mais laisse planer un doute sur sa volonté d’être responsable de l’établissement et de sa survie après ses huit années de développement.

Mardi, la ministre des Langues officielles a envoyé un protocole d’entente à l’Ontario pour le financement de l’UOF dans lequel elle offre de payer l’ensemble des dépenses pendant les quatre premières années de développement et s’engage à financer « jusqu’à 50% » du projet.

En contrepartie, Mélanie Joly exige qu’une demande formelle soit envoyée à son ministère par le gouvernement provincial et que le gouvernement ontarien rembourse le fédéral s’il change d’avis après quatre ans et ne souhaite plus financer l’UOF.

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Le ministre de la Formation, des Collèges et des Universités, Ross Romano, a répliqué jeudi avec une série d’amendements. 

Il demande « que le Canada et l’Ontario partagent à parts égales l’investissement de 126 millions $ nécessaire pour l’implantation de l’université sur une période de huit ans. »

Selon des documents obtenus par Le Droit, l’Ontario a proposé des amendements qui laissent planer un doute sur la gouvernance de l’UOF après les années de mise sur pied de l’institution.

La contre-proposition de Queen’s Park ne contient notamment plus la nécessité d’envoyer une demande formelle au fédéral pour l’obtention de financement, en plus d’éliminer la nécessité de rembourser le fédéral si l’Ontario devait se retirer du projet.

L’Ontario a aussi retiré la ligne suivante : « Conformément à la compétence exclusive de l’Ontario en matière d’éducation, l’Ontario est responsable de l’établissement et de la continuité de l’Université de l’Ontario français.

Un porte-parole de la ministre Joly a confirmé au Droit que son bureau étudie la contre-proposition du gouvernement ontarien.

Entente souhaitée rapidement

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, estime que les deux parties négocient «de bonne foi» et retient surtout que le gouvernement ontarien se dit prêt à s’impliquer financièrement dans la création de l’UOF.

Malgré les clauses d’imputabilité que le gouvernement de l’Ontario souhaite retirer du protocole d’entente, il se dit confiant que Queen’s Park tiendrait sa parole après les quatre premières années de développement du projet.

«On est sorti 15 000 pour protester quand le gouvernement s’est attaqué à l’université alors qu’on n’avait pas encore d’installations et de cours. Je peux imaginer comment la communauté réagirait si, après trois ans d’existence, on fermait les portes», prévient M. Jolin.

«L’université, une fois ouverte, va prospérer. Je ne suis pas inquiet», ajoute le président de l’AFO.

Le député néo-démocrate de Mushkegowuk—Baie James, Guy Bourgoin, espère que les développements des derniers jours ne sont pas que de belles paroles et qu’il y aura une entente formelle bientôt.

«On arrive aux dernières heures avant les élections et tout d’un coup, il y a une entente qui semble sur le point d’être conclue, ironise M. Bourgoin. Je suis content que les deux paliers se parlent, mais il faut qu’il y ait une entente concrète, pas juste des promesses.»

Pour l’élu néo-démocrate, si les élections étaient déclenchées sans une entente, Ottawa et le gouvernement ontarien auront pris «les Franco-Ontariens pour des pions politiques».

Francophonie

UOF: sans entente, des retards importants sont à prévoir

Si le gouvernement de l’Ontario et Ottawa arrivent à s’entendre sur son financement avant le déclenchement prochain des élections fédérales, l’Université de l’Ontario français (UOF) pourra ouvrir ses portes en 2021 sinon, celle-ci serait une fois de plus retardée.

«On ne peut pas se permettre de sacrifier une autre cohorte», affirme la présidente du conseil de gouvernance de l’UOF, Dyane Adam.

Francophonie

UOF: «La bataille n’est pas encore gagnée», juge Drouin

Si le gouvernement Ford n’inclut pas de clause garantissant le financement à long terme de l’Université de l’Ontario français dans son entente de principe avec le gouvernement fédéral, le député de Glengarry-Prescott-Russell Francis Drouin n’appuiera pas le projet.

Député de la région avec la plus forte concentration de Franco-Ontariens, M. Drouin affirme qu’il tient à « assurer la pérennité de l’éducation française en Ontario ».

Francophonie

UOF: «De la politique comme on la connaît» — Geneviève Tellier

Malgré les nombreux rebondissements dans le dossier ces derniers mois, c’est le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario qui a le plus à gagner en concluant une entente sur le financement de l’Université de l’Ontario français, estime la politologue Geneviève Tellier.

« Il est déjà très bas [dans les sondages], alors tout ce qu’il peut faire va le faire remonter dans l’opinion publique. Mais est-ce que ce sera assez ? Ce gouvernement-là est déjà associé aux coupes budgétaires envers les services aux francophones et ça prendra du temps avant que cette impression-là disparaisse », affirme la professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.

Francophonie

Le fédéral offre de payer 50% de l'Université de l'Ontario français

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a partagé mercredi matin certains détails de l’offre pour le financement de l’Université de l’Ontario français envoyée la veille au gouvernement de l’Ontario.

Le gouvernement fédéral propose de financer « jusqu’à 50 % » du projet, confirme Mme Joly. Il s’engage également à verser l’ensemble du financement pour les quatre premières années, de façon à donner du temps au gouvernement de l’Ontario de réduire son déficit.

Francophonie

Transferts pour l'éducation en milieux minoritaires: brèche dans le champ de compétence des provinces

Il aura fallu la crise linguistique en Ontario pour que le fédéral réussisse à convaincre les provinces et territoires d’ouvrir leurs livres comptables pour des transferts en éducation.

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, affirme que le gouvernement du Canada cherchait à impliquer des partenaires du milieu de l’éducation pour le financement de projets dans les écoles de langue en milieu minoritaire.

Francophonie

UOF: Joly présente un protocole d'entente à l'Ontario

La ministre fédérale de la Francophonie, Mélanie Joly, a présenté un protocole d’entente (PE) qui jette les bases d’une collaboration entre le gouvernement de l’Ontario et le gouvernement du Canada pour financer les coûts du projet d’Université de l’Ontario français (UOF).

Le document, obtenu par La Presse canadienne, note que le fédéral n’a pas encore reçu de « proposition officielle approuvée par l’Ontario » pour la mise en œuvre de l’UOF, mais que les négociations sur le financement seront entamées une fois qu’elle aura été reçue.

Actualités

L’Ontario lance un ultimatum à Ottawa pour l’Université de l’Ontario français

Le gouvernement provincial de l’Ontario a lancé un ultimatum à Ottawa dans le dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF), samedi.

Dans un échange par lettres, le ministre de la Formation et des Collèges et Universités de l’Ontario, Ross Romano, a demandé au gouvernement fédéral de s’engager officiellement dans ce dossier avant la fin de la journée de mardi.

Justice et faits divers

La Cour fédérale ordonne à Air Canada de dédommager deux francophones

MONTRÉAL — La Cour fédérale accorde réparation à deux francophones pour des violations répétées de leurs droits linguistiques par Air Canada, et ordonne au transporteur aérien de leur payer un total de 21 000 $.

Michel Thibodeau et Lynda Thibodeau ont déposé 22 plaintes en 2016 auprès du Commissaire aux langues officielles, pour des infractions alléguées à la Loi sur les langues officielles.

Ils se plaignent notamment d’un affichage pour des sorties d’urgence dans les avions unilingue anglais, ou encore inégal et moindre en français qu’en anglais car les lettres des avis en français sont de plus petite taille. Aussi, ils déplorent que seul le seul mot anglais «lift» est gravé sur les boucles des ceintures de sécurité des aéronefs. Ils ont aussi relevé à l’aéroport de Fredericton une annonce d’embarquement aux passagers moins complète en français qu’en anglais.

Ils ont ainsi plaidé qu’Air Canada viole systématiquement les droits linguistiques des francophones.

Air Canada répond, essentiellement, que les plaintes résultent d’une interprétation trop rigoriste de la loi, qui n’exige pas un traitement identique pour les deux langues, mais plutôt un traitement qui soit substantiellement le même. Air Canada précise notamment que la loi n’exige pas que les avis soient écrits avec des lettres de même taille dans les deux langues et que la gravure du seul mot «lift» ne constitue pas une communication ou un service rendu au sens de la loi, car il s’agit plutôt de l’initiative du fabricant des ceintures.

La Cour n’est pas de cet avis: dans sa décision rendue cette semaine, elle juge que l’affichage unilingue anglais ou à prépondérance anglaise, ainsi que l’annonce d’embarquement plus complète en anglais, tout comme la mention sur les ceintures, contreviennent à la loi. Les droits de M. et de Mme Thibodeau ont été violés, tranche-t-elle.

La Cour fédérale ordonne donc à Air Canada de leur transmettre une lettre d’excuses formelles et de payer des dommages-intérêts, à hauteur de 1500 $ par plainte. Huit d’entre elles avaient déjà fait l’objet d’un dédommagement par le transporteur avant l’audience et ne sont donc pas visées ici.

Par contre, la Cour a refusé de prononcer une ordonnance mandatoire - telle que demandée par M. et Mme Thibodeau - pour obliger Air Canada à se conformer à ses obligations linguistiques, car, disent-ils, l’affichage non conforme à la loi serait très répandu dans les avions utilisés par Air Canada et que l’entreprise n’aurait aucune intention de rectifier la situation.

«Il n’existe aucune raison de croire qu’Air Canada enfreindrait délibérément la Loi, et une telle ordonnance lui imposerait au surplus une menace constante de procédures en outrage au tribunal et le risque de multiplication d’instances», écrit la Cour.

Finalement, Air Canada avait indiqué à la Cour que si elle concluait que les enseignes ne respectent pas la loi, elle est disposée à déposer auprès du Commissaire aux langues officielles, dans un délai de six mois suivant le jugement final, un plan de travail qui envisage de façon ordonnée leur remplacement. La Cour dit prendre acte de cette offre.

Air Canada peut en appeler de ce jugement.

Autres recours

Michel Thibodeau et Lynda Thibodeau n’en sont pas à leur première plainte contre Air Canada.

On se rappelle notamment de leur combat dans une affaire qui s’est rendue jusqu’en Cour suprême du Canada. Mais dans cette cause, ils n’ont pas eu gain de cause: le plus haut tribunal du pays avait tranché que le transporteur aérien n’est pas tenu de dédommager les passagers dont les droits linguistiques ne sont pas respectés sur ses vols internationaux, seuls les vols intérieurs pouvant donner droit aux indemnités prévues par la Loi sur les langues officielles.

Cette année, Air Canada est arrivée en tête de liste des institutions faisant l’objet de plaintes au Commissaire aux langues officielles. Dans son plus récent rapport, il a recensé 105 plaintes contre le transporteur, majoritairement formulées pour des problèmes de communications avec le public et en lien avec la prestation de services.

L’entreprise aérienne est d’ailleurs régulièrement pointée du doigt par le Commissariat.

En 2016, l’ancien commissaire aux langues officielles Graham Fraser avait même déposé - chose inhabituelle - un rapport spécial au Parlement à son sujet. Il avait demandé aux députés fédéraux des outils pour forcer le transporteur aérien à respecter ses obligations.

Actualités

Le Droit, un atout pour les Franco-Ontariens

À l’invitation du Droit, plus de 35 acteurs majeurs du milieu franco-ontarien se sont rencontrés à La Cité, mardi en fin de journée, pour discuter des défis qui découlent des difficultés financières rencontrés il y a quelques jours par Groupe Capitales Médias auquel appartient le quotidien de la capitale.

Tous ont convenu que Le Droit est un atout incontestable pour les Franco-Ontariens et que des gestes concrets doivent être posés au cours des prochaines semaines par la communauté franco-ontarienne pour s’assurer que Le Droit demeure présent dans l’avenir comme défenseur des droits et des intérêts des Franco-Ontariens.

Francophonie

Refonte de la Loi sur les langues officielles: «on veut que les partis se mouillent»

À la veille du déclenchement des élections fédérales, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Quebec Community Groups Network (QCGN) et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) tiennent à remettre les pendules à l’heure à propos de leur alliance signée plus tôt cet été et qui a fait grincer des dents.

De passage au Droit pour une entrevue éditoriale, les organisations rappellent que leur but commun est de remettre à l’avant-plan leurs propositions pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles, question de faire en sorte que le sujet ne sombre pas dans l’oubli durant la campagne électorale et que le public ait une base assez solide pour poser les questions qui s’imposent aux candidats dans la course. 

« Tout le monde est prêt à s’engager, mais on ne veut pas que ça demeure juste un grand titre dans les airs. Ce qu’on veut voir des partis, c’est qu’ils se mouillent et qu’ils disent jusqu’où ils vont aller. Il y a 30 ans, il y avait de bien belles intentions, quand on a voulu travailler sur la loi, mais finalement, ç’a été de bien modestes modifications, et ce n’est pas du tout ce qu’on veut. Ça va obliger les candidats à savoir de quoi ils parlent, même si on ne leur demande pas de connaître la Loi dans les moindres détails » affirme le président de l’AFO, Carol Jolin. 

Les trois organismes affirment que les partis politiques connaissent bien leurs attentes et que tous ont inclus la question de la refonte de la législation datant de 1969 dans leur plateforme. 

Prétextant que les francophones et les anglophones ont certains objectifs en commun et qu’ils ne sont pas forcés de travailler uniquement en silo, les signataires de l’entente considèrent que les critiques dont ils ont fait l’objet en juillet étaient exagérées. L’union peut faire la force pour la protection de droits communs et d’institutions, disent-ils. 

« On nous a prêté toutes sortes d’intentions, il y a des médias qui s’en sont donnés à cœur joie, on l’a vu sur les médias sociaux aussi. On ne s’en allait pas toucher à la loi 101 ou à la loi sur laïcité (au Québec), j’en ai entendu des vertes et des pas mûres. Jamais l’AFO ne va aller à l’encontre de la francophonie au Québec, ça n’a pas de sens. Ç’a été difficile de passer notre message, car c’est parti dans toutes les directions. On avait prévu qu’il y aurait certaines interventions, mais jamais que ça prendrait cette ampleur-là. Quand on l’a fait, c’était pour mettre l’emphase sur le besoin de moderniser la Loi. On veut une loi qui a des dents », ajoute M. Jolin, avouant que « le timing n’était pas bon ». 

Plus de crédibilité 

Le directeur général de l’AFO, Peter Hominuk, soutient qu’il y avait également un but plus égoïste à cette démarche. 

« C’était d’avoir plus de crédibilité auprès des médias francophones au Québec et anglophones en Ontario, d’avoir l’opportunité d’aller parler aux médias de la majorité dans nos trois provinces respectives, avec nos partenaires. Ça peut aussi ouvrir des portes. Ce n’est pas souvent que le Globe & Mail ou le Toronto Star nous parlent », lance-t-il. 

L’entente d’une durée d’un an comporte aussi son lot d’avantages pour les anglophones du Québec, soutient le QCGN. 

« Il y a des problèmes profonds qui doivent être résolus dans notre communauté. Il y a des différences, par exemple pour les institutions, mais pour l’offre de services dans notre langue, tout n’est pas réglé », explique le président de l’organisme, Geoffrey Chambers. 

Sa directrice générale, Sylvia Martin-Laforge, se demande pourquoi il faudrait « niveler par le bas » et soutient qu’il y a un « sérieux questionnement sur les minorités linguistiques » dans les trois provinces concernées. 

« On a tendance à identifier que la minorité anglophone au Québec, c’est Westmount, mais c’est bien plus large que ça », note M. Jolin, citant en exemple l’Estrie, le secteur Aylmer à Gatineau et même des communautés de la Gaspésie. 

Ils rappellent qu’ils appuient unanimement les recommandations de la Fédération des communautés francophones et acadienne pour la réforme de la Loi sur les langues officielles, qui propose entre autres la création d’un tribunal administratif qui aurait le pouvoir d’imposer des ordonnances exécutoires ou des sanctions. La désignation du rôle d’agence centrale au Conseil du Trésor et la redéfinition du rôle du commissaire sont aussi proposées. 

« On ne peut pas donner au commissaire le mandat d’enquêter, d’agir un peu comme médiateur avec l’agence ou le ministère, puis d’un autre côté de tenir le marteau si tu ne le fais pas. Il faut qu’il y ait une distinction. Je découvrais encore la semaine dernière, en discutant avec le commissaire, que dans tous les aéroports majeurs du pays, non seulement les compagnies, mais les commerçants doivent être capables d’offrir le service dans les deux langues officielles. J’ai pouffé de rire », s’exclame Carol Jolin. 

Des tables rondes avec des candidats de tous les partis sont prévues dans les semaines à venir. 

Francophonie

Le Droit en difficultés: Mulroney «très déçue», mais pas d’aide de l’Ontario pour l’instant

La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, s’est dite « très déçue » d’apprendre que le journal Le Droit était en difficultés, mais n’a pas voulu confirmer si le gouvernement Ford allait lui venir en aide.

Mme Mulroney a reconnu le caractère essentiel du Droit pour les Franco-Ontariens, lors d’une annonce faite mardi matin pour le Carrefour santé Orléans. Son gouvernement a annoncé un investissement pouvant aller jusqu’à 75 millions $ dans ce projet qui réunira les services de santé sous un seul toit. 

Durant cette annonce, Mme Mulroney a parlé de l’importance de l’hôpital Montfort, qui fera partie du projet, pour la communauté francophone. La ministre des Affaires francophones s’est contentée de répondre qu’elle allait « refléter sur le fait que (Le Droit) est un pilier de la francophonie, et pour ce qui est des actions gouvernementales, ça va prendre un peu de temps pour refléter sur cela ». 

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La ministre s’est gardée de commenter davantage sur la question. 

L’avocat et fervent défenseur des droits linguistiques, Ronald Caza, assure que le gouvernement de l’Ontario possède les programmes et les outils nécessaires pour venir en aide au journal. « C’est absolument important et essentiel que le gouvernement se penche et utilise comme modèle ce que le gouvernement du Québec a fait. »

Président de la Fondation de l’Hôpital Montfort, M. Caza souligne le rôle clé qu’a joué Le Droit dans la survie de l’hôpital Montfort. « C’était très important que toute la communauté, pas juste de l’Ontario, mais de tout le Canada, soit au courant de ce que vivait Montfort, et c’est le journal Le Droit qui s’est assuré que ce message-là soit propagé. »

À ses dires, le gouvernement Ford lancerait un message important aux Franco-Ontariens s’il décidait d’appuyer le seul quotidien francophone de la province. « Une annonce du gouvernement au fait qu’ils vont aider à subvenir aux besoins financiers du journal Le Droit enverrait un message à tous les Franco-Ontariens que ça vaut la peine de continuer à faire des efforts pour préserver notre langue et notre culture. »

Par ailleurs, M. Caza est d’avis que le rôle que joue Le Droit en Ontario est encore plus grand que celui que jouent les journaux québécois. « Au Québec, c’est de s’assurer que la communauté maintient ses journaux. Pour nous, c’est pour s’assurer que nous puissions continuer de vivre en français et de survivre dans une province où nous sommes une minorité. Nous avons besoin du journal Le Droit, et le gouvernement a besoin de jouer un rôle pour l’aider à survivre. »

Le maire d’Ottawa pessimiste

Pour le maire d’Ottawa, Jim Watson, les difficultés du journal Le Droit représentent de « très mauvaises nouvelles, non seulement pour les employés, mais aussi pour toute la population de la ville d’Ottawa et à Gatineau ». 

« C’est vraiment triste si on perd ce journal, parce que c’est la seule voix pour la communauté francophone. »

M. Watson affirme que la Ville d’Ottawa n’a pas la capacité de fournir des subventions au journal, et il doute que le gouvernement Ford fasse quoi que ce soit. 

« Je ne suis pas optimiste que le gouvernement Ford va aider un journal francophone, malheureusement parce qu’ils n’ont pas une très bonne histoire positive avec la communauté francophone, avec l’histoire de Montfort, et certainement lorsqu’il a annulé l’université francophone. Alors je ne suis pas un optimiste que la province va aider avec des fonds ou une subvention. »

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Nouveau commissaire aux services en français recherché

L’Ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, a lancé jeudi une recherche à l’échelle nationale pour dénicher un nouveau commissaire aux services en français au sein de son bureau.

L’Ombudsman s’est vu confier les responsabilités de l’ancien bureau indépendant du Commissaire aux services en français le premier mai dernier et a ensuite créé un nouveau poste de commissaire au niveau de l’Ombudsman adjointe.

«Mon Bureau prend très au sérieux sa nouvelle responsabilité de veiller à protéger et promouvoir les droits linguistiques des Ontariens francophones», affirme M. Dubé.

«Le nouveau/la nouvelle commissaire, qui relèvera directement de moi, sera une personne possédant un sens aigu de l’équité et de la justice qui connaît très bien la communauté franco-ontarienne et jouit d’une grande crédibilité au sein de cette communauté.»

Il espère pouvoir choisir son nouveau commissaire «d’ici la fin de l’automne».

M. Dubé agira comme commissaire par intérim jusqu’à ce qu’un candidat soit retenu.

Francophonie

Accueillis en anglais… dans le Vieux-Québec

« Huit fois sur dix », les commerçants de la rue Saint-Jean, dans le Vieux-Québec, offrent un service en anglais.

C’est ce que déplore Abby Newman, une jeune femme originaire de Terre-Neuve-Labrador qui se débrouille fort bien en français. 

Elle est même capable de servir les clients français de St-Pierre-et-Miquelon, quand ils vont faire une virée dans son coin de pays.

Francophonie

Le fédéral n'écoute pas les médias communautaires en situation minoritaire

Le gouvernement fédéral n’a que « partiellement » suivi les recommandations du commissaire aux langues officielles dans le dossier des publicités dans les médias communautaires en situation minoritaire.

De plus en plus, le gouvernement fédéral choisit les médias numériques, plutôt que les journaux et les radios, pour le placement de ses publicités. 

Or, ces stratégies peuvent avoir une incidence directe sur les revenus des médias traditionnels communautaires en situation de minorité linguistique. 

Pourtant, la Loi sur les langues officielles oblige le gouvernement fédéral à prendre des mesures positives pour l’épanouissement des communautés en situation linguistique minoritaire.

Francophonie

Première discussion entre Joly et Mulroney sur l'UOF

TORONTO – La ministre fédérale Mélanie Joly et son homologue ontarienne Caroline Mulroney ont entamé, ce jeudi, des discussions sur le financement du projet de l’Université de l’Ontario français (UOF). Mais pour l’heure, aucune avancée concrète n’a été annoncée.

C’est la première fois depuis décembre dernier, au cœur de la crise linguistique en Ontario, que la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, et la ministre ontarienne des Affaires francophones, Caroline Mulroney, se parlaient, ce jeudi.

Au cœur de cette discussion téléphonique, à laquelle s’est joint le ministre de la Formation, des Collèges et Universités, Ross Romano, l’Université de l’Ontario français.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement fédéral se dit ouvert à financer une partie des coûts de démarrage du projet. En juin, la ministre Mulroney avait finalement ouvert la porte à des discussions, même si le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford ne cesse de marteler qu’il ira de l’avant uniquement quand les finances publiques de la province seront assainies.

En entrevue avec ONFR+, la ministre Joly a rappelé l’engagement d’Ottawa dans le dossier.

« Pour moi et pour le gouvernement, il est extrêmement important que le projet de l’Université de l’Ontario français se réalise. C’est un projet demandé depuis des années par les Franco-Ontariens et qui est important pour le pays. Mon objectif est de le réaliser et j’ai rappelé à Mme Mulroney et à M. Romano que nous étions prêts à mettre 50 % du financement. Par contre, on s’attend à un engagement clair, à un projet tangible et un engagement financier de la part de l’Ontario. »

Selon Matthew Conway, du bureau de la ministre Mulroney, le ton de la conversation a été « très cordial et bénéfique aux deux partis ». Le directeur des Affaires francophones de la ministre ontarienne a qualifié l’échange de « contact pour amorcer les discussions ».

« Chacun a donné son point de vue sur les sources de financement et les programmes qui pourraient être ciblés » dans ce « dossier prioritaire pour Caroline Mulroney depuis le mois de novembre », a-t-il commenté à ONFR+.

« On est très content que cette rencontre ait eu lieu », a réagi Carol Jolin. Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) espère maintenant que le dossier va avancer. « C’est un pas important, tant du côté de Mme Joly et son ouverture à financer les quatre premières années du projet que du côté de Mme Mulroney qui a fait cheminer le dossier au sein de son parti depuis l’automne dernier. Ce changement en cours de route est extrêmement positif. »

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Francophonie

Alliance Anglos-Francos : Drouin félicite l’AFO, Poirier la fustige

Le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell Francis Drouin a tenu à féliciter l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) pour s’être entendue officiellement avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Quebec Community Groups Network (QCGN).

Sur Facebook, le député Drouin a publié que même si la réalité des communautés concernées par cette entente est différente, « nous ne pouvons pas appuyer les droits linguistiques d’une langue sans le faire pour l’autre ».

Francophonie

Un jugement restreint le droit de travailler en français au fédéral

MONTRÉAL — Un jugement de la Cour fédérale, prononcé la semaine dernière, restreint le droit des fonctionnaires de travailler dans la langue de leur choix et pourrait fournir un argument de plus pour une modernisation de la Loi sur les langues officielles.

« Nous sommes très déçus, mais aussi très étonnés par ce jugement », explique l’un des avocats de l’employé fédéral André Dionne, Gabriel Poliquin, du cabinet CazaSaikaley.

Francophonie

La société Saint-Jean Baptiste dénonce l'entente avec les Anglo-Québécois

MONTRÉAL – La Société Saint-Jean Baptiste (SSJB) de Montréal, qui avait invité une délégation franco-ontarienne en ouverture du dernier défilé de la Saint-Jean Baptiste, sort du silence. Elle appelle l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) à revoir l’entente conclue avec le Quebec Community Groups Network (QCGN) et à «embrasser ensemble le combat pour le français».

«La vraie solidarité francophone exige un dépassement de la doctrine linguistique fédérale», lance d’emblée le président général de la SSJB de Montréal, Maxime Laporte, dans une déclaration diffusée ce mercredi.

Se disant très fier d’avoir accueilli la délégation franco-ontarienne dans les rues de Montréal le 24 juin, signe d’un «beau moment de fraternité et de solidarité en réponse aux assauts dirigés contre le fait français en Ontario et ailleurs au Canada», M. Laporte dénonce le rapprochement opéré avec le QCGN.

«L’AFO et la SANB annoncent qu’elles agiront politiquement en faveur de l’essor de l’anglais au Québec. Cela, jusqu’à venir manifester chez nous, songent-elles, aux côtés des pourfendeurs, voire des fossoyeurs les plus notoires de la loi 101. (…) Force est d’admettre qu’on ne saurait mieux s’y prendre pour ébranler dangereusement nos plus précieux dénominateurs communs», juge le président de la SSJB, qui appelle à faire cause commune pour «l’avancement ou, minimalement, le maintien du statut et du poids démographique à long terme du français dans l’ensemble de l’espace francophone».

Alors que le Québec a montré de nombreux signes de solidarité envers la communauté franco-ontarienne ces derniers mois, après les compressions du gouvernement de Doug Ford, M. Laporte juge la décision de l’AFO décevante.

«Le bel aura positif ayant émané des récentes mobilisations franco-ontariennes, applaudies et appuyées sincèrement par l’ensemble des Québécois, se trouve soudain mis au service de la «cause» de ceux qui cherchent à bilinguiser et à angliciser notre société. C’est surréel.»

La gestion anglo-québécoise pas menacée

Il rejette l’argument avancé notamment par l’AFO pour justifier ce rapprochement que la gestion scolaire «par et pour» les Anglo-Québécois serait menacée par la décision du gouvernement québécois de transférer deux écoles de la Commission scolaire English-Montreal (CSEM) à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Ile (CSPI) qui manque de place pour ses élèves francophones.

«L’intervention du ministre [de l’Éducation] porte uniquement sur des aspects particuliers liés à l’exploitation du parc immobilier public, sans nullement mettre en cause l’exercice général par le réseau anglophone de son droit de s’administrer lui-même afin de garantir à tous ses bénéficiaires leur droit à une éducation de qualité.»

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Votre opinion

« Notre place » à la Fête nationale : 744 000 mercis !

OPINION / À Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et Nathalie Gervais, directrice générale du Comité de la Fête nationale du Québec à Montréal, au lendemain du Défilé de la Fête nationale à Montréal où l’Ontario français a eu l’honneur d’ouvrir le bal, nous voici des plus reconnaissants. De nombreux mercis pour cette invitation « historique » de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ainsi qu’au Comité organisateur pour un accueil bien chaleureux.

Les 150 artistes, comédiens de L’écho d’un peuple et porte-drapeaux que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a rassemblés pour répondre à votre belle invitation n’en revenaient tout simplement pas. 

Nous avons reçu une vague d’amour et de solidarité exprimée de vive voix par des « Monsieur et Madame tout le monde », des Québécoises et Québécois de toutes les générations et de différentes origines !

Éducation

Écoles anglophones au Québec: appui de groupes francophones en milieu minoritaire

OTTAWA — La Commission scolaire English-Montreal (CSEM), qui conteste devant les tribunaux une décision du gouvernement du Québec, pourra compter sur l’appui de groupes de francophones en milieu minoritaire hors Québec.

La CSEM a annoncé mardi qu’elle a déposé une demande d’injonction à la Cour supérieure afin de bloquer le transfert de deux de ses écoles à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, qui est confrontée à un manque criant de classes pour les élèves francophones.

La décision avait été prise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, par décret ministériel la semaine dernière.

Lors d’une conférence de presse tenue en matinée à Ottawa, trois groupes de protection des communautés de langue officielle en situation minoritaire ont décrié cette décision et se sont dits solidaires de la situation de la CSEM.

Geoffrey Chambers, président du Réseau des groupes communautaires du Québec (QCGN), juge que cette décision est une atteinte aux droits linguistiques des anglophones dans la province.

Il estime que le gouvernement Legault aurait dû négocier plus longuement avant d’imposer sa décision - considérée comme anticonstitutionnelle, puisqu’elle pénalise la minorité de langue anglaise - par décret ministériel.

Comparable au combat des Franco-Ontariens?

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), n’a pas voulu dire si la situation des anglophones québécois se compare à celle des Franco-Ontariens. Mais il se dit prêt à manifester aux côtés de ses partenaires anglophones pour le maintien des écoles anglophones, même si certaines sont à moitié vides.

«On a des droits linguistiques et il faut se battre pour les maintenir, affirme M. Jolin. Quand il y a un gouvernement qui va prendre des dispositions - on l’a vu, nous autres, avant les Fêtes, avec le gouvernement Ford - on a réagi très fortement.»

Robert Melanson, de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), croit pour sa part que, dans certaines régions, les minorités anglophones au Québec sont victimes de discrimination dans les services publics tout comme les francophones hors Québec.

Il se dit prêt lui aussi à soutenir le combat des anglophones québécois qui veulent garder leurs écoles. «Il n’y a pas de raison pour enlever à une minorité le droit à ses propres institutions, que ce soit les anglophones du Québec ou les francophones ou les Acadiens du Nouveau-Brunswick», estime M. Melanson.

Roberge déçu, mais pas surpris

Dans une déclaration écrite, le ministre Roberge s’est dit déçu, mais «pas surpris», de la décision de la CSEM d’aller devant les tribunaux pour plaider sa cause.

«Nous regrettons que celle-ci tente de bloquer une décision qui, bien que difficile, ait été prise dans l’intérêt supérieur de l’ensemble des élèves du Québec», a ajouté M. Roberge.

Il rappelle que la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île pourrait manquer de classes pour plus de 3000 élèves dès la rentrée scolaire en septembre.

Francophonie

Mulroney absente de la conférence sur la francophonie

La rencontre tant attendue entre Mélanie Joly et Caroline Mulroney n’aura pas lieu de sitôt. Mme Mulroney ne sera pas présente à la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, qui se tient jeudi et vendredi au Nunavut.

Son bureau a confirmé que Mme Mulroney doit être à Toronto pour des «réunions imprévues» à titre de nouvelle ministre des Transports de l’Ontario et ne pourra «malheureusement» pas assister au sommet avec ses homologues des affaires francophones dans les deux prochains jours.

C’est plutôt Marilissa Gosselin, conseillère du premier ministre pour les affaires francophones, qui sera la représentante de la délégation de l’Ontario.

À LIRE AUSSI :

Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne dès mercredi au Nunavut

Ottawa bonifie le financement des écoles des minorités francophones et anglophones

La relation entre la ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie et son homologue fédérale est glaciale depuis que le gouvernement Ford a mis au rancart la création d’une université francophone dans la province.

Mme Joly exprime son désir de rencontrer Mme Mulroney depuis plusieurs mois, mais cette dernière n’a pas donné suite à ses invitations.

Après avoir reçu trois lettres de la part de Mme Joly concernant l’Université de l’Ontario français, Mme Mulroney a finalement envoyé une missive datée du 25 juin dans laquelle elle se dit ouverte à entamer un «dialogue constructif» à ce sujet. Aucune date n’est cependant prévue pour une rencontre.

«La Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne aurait été le forum idéal pour discuter de ce sujet», affirme Mme Joly dans une déclaration écrite.

C’est la deuxième année consécutive que Mme Mulroney est absente de ce forum qui réunit tous les ministres provinciaux et territoriaux responsables de la francophonie canadienne. L’édition 2019 a lieu à Iqaluit les 27 et 28 juin.

Francophonie

L'UOF se réjouit des progrès avec Queen's Park

L’Université de l’Ontario français (UOF) affirme se réjouir de la décision du gouvernement de l’Ontario d’entamer la discussion avec le gouvernement fédéral sur leurs contributions respectives en ce qui a trait au financement de l’université.

L’UOF a annoncé mardi soir que « cette décision est le résultat d’une conversation continue et fructueuse entre des représentants du gouvernement provincial et les décideurs de l’UOF ». 

La présidente du Conseil de gouvernance, Dyane Adam, estime que l’UOF travaille étroitement « avec le gouvernement de l’Ontario.  

L’UOF prépare d’ailleurs une campagne de financement à l’échelle nationale. 

L’UOF est aussi en voie de conclure un partenariat stratégique avec l’Université de Hearst.