Madeleine Meilleur

Madeleine Meilleur aux langues officielles: Trudeau confirme

Le premier ministre Justin Trudeau a finalement confirmé lundi qu'il propose Madeleine Meilleur - « une candidate exceptionnelle » - pour le poste de commissaire aux langues officielles du Canada.
« Elle milite énergiquement, et depuis plus de 25 ans, pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire », a indiqué le premier ministre Trudeau, confirmant la rumeur qui circulait depuis la semaine dernière.
Il croit qu'elle saura faire appel avec son grand dévouement à sa profonde compréhension de leur situation pour exiger de notre gouvernement la mise en oeuvre intégrale de la Loi sur les langues officielles, a indiqué le premier ministre Trudeau.
En vertu de la Loi sur les langues officielles, cette proposition doit être approuvée par la Chambre des communes et par le Sénat. Le Comité permanent des langues officielles aura 30 jours pour examiner la candidature proposée et faire rapport à la Chambre des communes, et la Chambre votera. Le gouvernement soumettra aussi la proposition à l'approbation du Sénat en y déposant une motion.
Déjà, le Nouveau Parti démocratique avait réagi négativement à l'arrivée de Mme Meilleur, en raison de ses allégeances libérales.
Durant son mandat de ministre ontarienne responsable des Affaires francophones, qui a duré 13 ans, Mme Meilleur a supervisé divers projets majeurs notamment l'agrandissement récent de l'hôpital Montfort, la création du poste de commissaire aux services en français de même que l'établissement d'une cible de 5 % en matière d'immigration francophone en Ontario. Elle a démissionné en juin dernier. 
Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, ne cache pas sa satisfaction face au choix du gouvernement.
« C'est quelqu'un que l'on connaît bien et qui nous connaît bien, alors on n'aura pas besoin d'établir un lien. Ça facilite les choses. Ça va être intéressant de travailler avec elle pour faire avancer les dossiers de la francophonie, car elle arrive avec une longue feuille de route et un CV assez impressionnant. Maintenant que c'est chose faite, on va se retrousser les manches », dit-il, ajoutant que plusieurs dossiers sont prioritaires, dont une révision des règlements sur les langues officielles.
Le son de cloche est loin d'être le même pour le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, qui soutient que la nouvelle commissaire « n'aura pas de chèque en blanc ». 
« On va la juger selon les résultats. J'ose espérer qu'elle réussira là où elle a lamentablement échoué, c'est-à-dire de faire reconnaître le statut de bilinguisme officiel pour la Ville d'Ottawa. Tout ce qu'elle a fait quand elle était ministre, c'est de se laver les mains en se déresponsabilisant, disant que c'était du ressort de la municipalité. Et elle ne pourra recourir à des excuses pour maintenir un statu quo inacceptable, soit l'anglicisation du Québec et l'érosion de la francophonie hors Québec », a-t-il dit.
De son côté, la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Sylviane Lanthier, affirme « qu'après un hiatus de près de six mois, à deux ans du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles, il est grand temps que cette fonction soit enfin comblée. »