Le recteur par intérim de l'UOF, Normand Labrie.

L’Université de l’Ontario français publie un rapport annuel malgré son abolition

L’Université de l’Ontario français (UOF) continue de parler au présent et a publié, mercredi, un rapport de sa première année d’opération.

Ce rapport, intitulé Les avancées majeures d’une université en marche, paraît quelques jours après que le gouvernement Ford ait aboli le projet. 

L’UOF y conclut qu’elle serait fin prête à accueillir ses premiers étudiants en septembre 2020, comme c’était prévu. On anticipait que l’établissement accueillerait une première cohorte de 300 étudiants.

Durant sa première année d’existence, l’Université affirme dans son rapport avoir « accompli un travail considérable permettant des progrès notables ».

Le recteur par intérim Normand Labrie déclare que même si le gouvernement progressiste-conservateur a décidé de cesser le financement envers l’Université, « le projet n’est pas mort pour autant ». 

« L’Université a été établie par une loi, c’est une entité légale qui existe avec son conseil de gouvernance. Ce que le gouvernement annonce, convient M. Labrie, c’est qu’il n’y aura pas de financement. Pour l’instant, on avait des fonds de démarrage du gouvernement. Ces fonds de démarrage ne proviendront plus du gouvernement, mais l’Université existe toujours. »

Le document de près de 20 pages fait état des réalisations de l’Université dans la dernière année, en date du 20 novembre 2018. 

« Jusqu’à l’annonce de M. Ford, tout allait bien. »

Depuis l’élection des 13 membres du Conseil de gouvernance, quatre programmes d’études ont été élaborés et soumis officiellement au gouvernement, le 1er octobre dernier. 

Une équipe administrative de 10 personnes, incluant le recteur par intérim Normand Labrie, a aussi pu être formée.

La présidente du Conseil de gouvernance, Dyane Adam, explique qu’un processus d’embauche était déjà en branle. 

« On était sur le point de lancer un concours pour engager un recteur permanent. »

Par ailleurs, le rapport publié par l’UOF ne manque pas de souligner le travail du conseil composé de 30 étudiants dans le développement des chantiers de travail. « On a mis sur pied un conseil étudiant qui avise l’Université à toutes les étapes, soit pour les programmes, le recrutement, son image, son identité (…). Les étudiants sont aussi impliqués dans le développement de la stratégie numérique de l’université », soutient Mme Adam. 

Depuis la nomination du Conseil de gouvernance, quatre règlements administratifs et cinq règlements académiques ont également été adoptés. Aussi, des consultants venant de plus de 25 universités et collèges au Canada et à l’international ont apporté du leur à l’UOF. 

Mme Adam, qui a aussi travaillé comme présidente du Conseil de planification pour une université de langue française en 2016, explique que ce rapport pourra permettre de conscientiser la population au travail effectué en une année. « Je pense que ce qui est important, c’est que la population et tous les partis communs d’expression française voient que le train a déjà quitté la gare. L’Université n’est pas juste un projet, elle existe. »