La ministre Mélanie Joly

L’Ontario lance un ultimatum à Ottawa pour l’Université de l’Ontario français

Le gouvernement provincial de l’Ontario a lancé un ultimatum à Ottawa dans le dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF), samedi.

Dans un échange par lettres, le ministre de la Formation et des Collèges et Universités de l’Ontario, Ross Romano, a demandé au gouvernement fédéral de s’engager officiellement dans ce dossier avant la fin de la journée de mardi.

« L’Ontario s’engage à aller de l’avant avec le projet de l’Université de l’Ontario français, à condition que le gouvernement fédéral fasse de même, peut-on lire dans la lettre du ministre Romano publiée sur son compte Twitter et à l’intention de la ministre de la Francophonie Mélanie Joly. Il semble toutefois que le gouvernement fédéral assouplisse maintenant son offre quant à la conclusion d’une entente de partage des coûts. »

M. Romano exhorte donc la ministre Joly à mobiliser les ressources de son gouvernement « afin de prendre un engagement financier équivalent pour le projet ».

« J’apprécierais recevoir avant la fin de la journée [du] 3 septembre votre réponse quant à votre engagement à offrir le même engagement financier que l’Ontario », conclut M. Romano.

Samedi dernier, la ministre Joly a remis en doute la volonté du gouvernement ontarien d’avancer dans ce projet. Le cabinet de Mélanie Joly a qualifié la proposition de la province d’irrecevable.

« Nous avons reçu du ministère de la Formation et des Collèges et Universités de l’Ontario un courriel soulignant le désir commun de nos gouvernements à réaliser le projet de l’Université de l’Ontario français. Par contre, le ministère ontarien précise qu’il n’a pas complété sa propre évaluation du projet et l’analyse rigoureuse de l’information que votre équipe [celle de Dyane Adam] lui a soumise, écrit la ministre dans une lettre signée à l’intention de la présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF. Il [le ministère] note également que des changements pourraient encore être apportés une fois son travail complété. »

« Je ne peux tout simplement pas débloquer des fonds pour un projet que le gouvernement de l’Ontario qualifie lui-même “d’ébauche”, sans que ce dernier ait confirmé officiellement la hauteur de son propre investissement », explique-t-elle.

Agir rapidement

Du côté de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), on presse les autorités gouvernementales à signer l’entente, et ce, avant le déclenchement des élections fédérales.

« On sait très bien que la machine politique sera paralysée un bout de temps durant la campagne électorale et après celle-ci, peu importe qui l’emporte, il y aura des changements, a laissé entendre le président de l’AFO Carol Jolin. Chaque fois qu’on repousse les délais pour l’Université de l’Ontario français, on cause des torts irréparables à la francophonie parce que c’est une autre cohorte de jeunes qui vont graduer de nos écoles et qui n’auront pas l’option de pouvoir poursuivre des études postsecondaires en français dans la région de Toronto. »

Rappelons que le 15 novembre dernier, l’Ontario comptait éliminer le processus de création d’une université de langue française dans la province. Aujourd’hui, c’est la province qui réclame la participation du fédéral.

« On est à minuit moins une dans le dossier, il est temps que ça se fasse, indique M. Nolin. Il faut que les deux paliers de gouvernement en viennent à une entente de principe et qu’on s’entende sur la question des montants pour pouvoir avancer. »

L’UOF prévoit accueillir ses premiers étudiants en 2021.