Le président de l'AFO, Carol Jolin est un habitué des luttes sociales. « L'affirmation des idées et des convictions sur la place publique font partie de son ADN », souligne le chroniqueur Sébastien Pierroz.

«Livre blanc» de l'AFO sur l'immigration francophone

L'approche gouvernementale en matière d'immigration francophone reste «dissociée et incohérente», et les immigrants francophones recrutés en Ontario, dont le nombre est déjà insuffisant, doivent faire face à de nombreux obstacles et iniquités.
Pour changer cette tendance inquiétante, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario a lancé jeudi un livre blanc dans lequel il propose onze recommandations qui vise à assurer la survie à long terme du français dans le province. Le document a été le fruit d'une vaste consultation menée dans plus de 11 villes auprès de 200 personnes et a été présentée par ses auteurs André Lalonde et Lise Lortie, lors d'un déjeuner sur la Colline parlementaire à Ottawa.
Malgré la cible de 5% fixée dans la Stratégie sur l'immigration francophone de l'Ontario, la taux actuel se situe en-dessous de 2%. 
Les efforts consentis pour augmenter et réussir l'immigration francophone des dernières années n'atteignent pas les attentes et les besoins des collectivités locales. 
«Il est donc urgent de donner un solide coup de barre et d'amorcer un virage significatif vers des stratégies et des mesures concrètes», soulignent les auteurs.
Le document propose des recomandations visant notamment à aligner les efforts collectifs de tous les acteurs en immigration, d'accroître le nombre d'immigrants dans toutes les régions de l'Ontario, d'instaurer un continuum complet de services d'immigration «par et pour» les collectivités francophones équivalent à celui mis en place pour la majorité anglophone, et un financement équitable et adéquat des organismes francophones.
«À une semaine du Sommet sur l'immigration de Moncton, notre document va nous permettre d'aborder ces questions avec les élus. Les deux paliers de gouvernement, provincial et fédéral, seront là et il est important qu'ils comprennent que l'arrimage des programmes est essentiel car la connexion ne fonctionne pas. Nous espérons sortir de Moncton avec un plan d'action» a indiqué Carol Jolin, président de l'AFO.
Ce dernier a bien l'intention d'aborder la question des immigrants francophones qui entrent au pays par le Québec, et qui décident par la suite de s'installer en Ontario, si bien qu'ils ne sont pas comptés dans les statistiques comme immigrants francophones en Ontario.
«Nous avons l'intention de discuter de cette question avec le ministre québécois Jean-Marc Fournier à Moncton. Nous n'avons pas de statistiques sur l'ampleur ou le nombre de ces transferts» a indiqué M. Jolin.