Le discours du Trône, prononcé ce jeudi en ouverture de la première session de la 43e législature du Canada, ne contenait aucune mention des langues officielles ni de la très attendue modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Les langues officielles absentes du discours du trône

Le discours du Trône, prononcé ce jeudi en ouverture de la première session de la 43e législature du Canada, ne contenait aucune mention des langues officielles ni de la très attendue modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Avant même que la gouverneure générale Julie Payette ne prenne la parole, ce jeudi, ils étaient nombreux sur les réseaux sociaux à faire part de leurs attentes. De la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) au Quebec Community Groups Network (QCGN), tous espéraient une mention de la modernisation de la Loi sur les langues officielles ou un message à l’attention des communautés de langues officielles en situation minoritaire.

Sans surprise, le discours a abordé la question des changements climatiques, le renforcement de la classe moyenne, la réconciliation avec les peuples autochtones ou encore, l’amélioration des soins de santé. Des thèmes souvent abordés par le premier ministre et ses candidats lors de la campagne.

En revanche, dans le texte prononcé par Mme Payette, on ne trouvait aucune mention des langues officielles, du bilinguisme ou de la francophonie.

« Je m’explique très mal cette absence », commente le politologue à l’Université d’Ottawa, Martin Normand. « On a vu à quel point ce discours était campé sur la volonté de collaboration du gouvernement qui a voulu marquer le coup en répondant aux besoins de chacun et aux demandes des autres partis, comme sur les compensations pour les secteurs soumis à la gestion de l’offre, pour le Bloc Québécois, ou sur l’assurance-médicaments, pour le Nouveau Parti démocratique (NPD). Tous les partis se sont engagés à moderniser la Loi sur les langues officielles pendant la campagne. C’était donc un élément commun qui aurait pu se retrouver dans le discours. »

Car le gouvernement Trudeau, minoritaire, va devoir trouver des alliés pour pouvoir gouverner.

Absence volontaire

Fin octobre, le premier ministre avait pourtant jugé réaliste le dépôt d’un projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles d’ici six mois. Mais cette promesse électorale libérale, qui se trouvait également dans les programmes des autres partis, ne figure pas dans le document de 18 pages, lu au Sénat ce jeudi.

« Le discours du Trône est avant tout symbolique et c’est donc très symbolique que cette promesse ne s’y retrouve pas. C’est encore une occasion ratée de la part du gouvernement et il n’y a plus d’excuse, car il a multiplié les occasions ratées en matière de langues officielles lors de son premier mandat. L’absence de mention est un choix délibéré. Le gouvernement ne veut pas mettre de l’avant cet enjeu dans ses communications, car il doit juger que ce n’est pas payant », analyse M. Normand.

Pour lire l'article intégral de Benjamin Vachet, visitez le site web d'#ONFR