La ministre Mélanie Joly discute avec l'ex-sénatrice Marie-Paule Charette-Poulin.

Les institutions fédérales doivent incarner le bilinguisme

Les institutions fédérales ont un rôle à jouer dans la modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO), ont évoqué les participants au deuxième forum qui s’est arrêté à Ottawa lundi matin.

Près d’une centaine de personnes se sont réunies à l’Université d’Ottawa (Ud’O) afin d’écouter les échanges entre les panélistes et poser des questions sur le thème des institutions fédérales qui incarnent les langues officielles.

Le rôle joué par Radio-Canada dans la promotion de la dualité linguistique a été abordé. Certains croient que la Société d’État permet de favoriser et d’encourager l’épanouissement des minorités francophones et anglophones.

« C’est une institution essentielle pour que nos langues officielles grandissent et qu’elles soient protégées et puissent s’épanouir. Il faut que les gens soient fiers de parler français en milieu minoritaire et fiers de parler anglais au Québec. C’est en entendant de la musique, des conversations et des entrevues en français dans toutes les provinces qu’on se rend compte à quel point notre statut de pays bilingue est unique au monde et nous donne un grand avantage économique, social et culturel au niveau international », relate Marie-Paule Charette-Poulin, ex-sénatrice qui a œuvré plusieurs années au sein du diffuseur public.

Le défi pour Radio-Canada, tel que soulevé par des membres du public, est de favoriser la diversité hors Montréal.

« Radio-Canada est un acteur clé dont le mandat est de refléter la dualité linguistique. Il travaille beaucoup à la promotion de la culture francophone au Canada. On a l’impression que c’est souvent Montréal qui est représenté et ce serait important, pas seulement dans les émissions, mais dans la gouvernance qu’il y ait une représentation des francophones de partout au pays », ajoute Linda Cardinal, professeure de science politique à l’Ud’O.

Étant donné qu’Ottawa appuie les minorités linguistiques en versant des subventions aux provinces, entre autres en éducation, Mme Cardinal s’attend à ce qu’il y ait un mécanisme de reddition de compte lors des ententes provinciales-fédérale.

« Je trouve ça étonnant que quand on donne du financement, en retour on n’a pas une obligation de reddition de compte, observe Mme Cardinal. Je peux comprendre qu’il y ait des gouvernements frileux qui ne veulent pas se faire imposer des obligations. »

Ottawa bilingue

La titulaire de la chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l’Université d’Ottawa a profité du forum pour rappeler son souhait d’avoir des engagements concrets pour la promotion du bilinguisme dans la capitale fédérale.

Mme Cardinal souhaite que le gouvernement clarifie ses responsabilités quant à la promotion du bilinguisme officiel à Ottawa.

« Je veux plus. Je veux que la nouvelle Loi sur les langues officielles inclue une section qui précise les obligations du gouvernement en matière de promotion des langues officielles dans la Ville d’Ottawa. Le gouvernement a des obligations au sein de la capitale nationale en matière de langues officielles », confie-t-elle.

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, poursuit sa tournée à travers le Canada afin d’examiner la LLO et d’en arriver à sa modernisation. Un symposium aura lieu les 27 et 28 mai pour mettre fin à l’exercice. Les conclusions sont attendues en juin prochain.