Perruques vertes, tutus blancs et drapeaux à la main, ce sont notamment des artistes, des élèves, des enseignants et des politiciens qui sont venus exprimer leur amour profond pour leur culture et leur histoire.

Les Francos affichent leurs couleurs à Saint-Albert

La journée du 25 septembre a été marquée d’une manière toute spéciale pour les Franco-Ontariens de Saint-Albert, dans l’Est ontarien. Tous vêtus de vert et de blanc, ils étaient plus d’un millier à s’être réunis à la Fromagerie St-Albert afin de célébrer l’inauguration du 17e monument de la francophonie de l’Ontario.

Perruques vertes, tutus blancs et drapeaux à la main, ce sont notamment des artistes, des élèves, des enseignants et des politiciens qui sont venus exprimer leur amour profond pour leur culture et leur histoire.

La plupart d’entre eux ont souligné l’importance particulière de la journée des Franco-Ontariens cette année, mais aussi de ce monument, qui fait maintenant partie du paysage culturel de la communauté.

Le monument de la francophonie à Saint-Albert a été inauguré mercredi sur le terrain de la fromagerie en présence d’un millier de personnes. Une activité réussie, selon l’organisateur François Bazinet.

« C’est spécial de voir tout le monde là, d’avoir un drapeau, un monument chez nous, dans ma cour, s’est exclamée l’auteure-compositrice-interprète originaire de Saint-Albert, Mélissa Ouimet. Surtout avec l’année qu’on vient de passer, il y a eu des hauts et des bas, mais je pense qu’on sent la solidarité. On s’est tenu, on est des gens qui persistent, qui persévèrent. »

Même son de cloche pour la députée provinciale indépendante Amanda Simard. « C’est le premier jour des Franco-Ontariens depuis la crise linguistique. Il y a encore plus de gens qui se présentent et qui affichent leurs couleurs, leur fierté et qui démontrent leur solidarité. Tout le Canada a les yeux sur nous aujourd’hui et nous appuie. On a encore besoin de cet appui, parce qu’il y a encore beaucoup de défis, et ce n’est pas la fin. »

L’an dernier, l’annonce de ce nouveau monument avait été marquée par la première apparition publique d’Amanda Simard depuis sa démission des rangs du caucus conservateur de Doug Ford.

Présente aux côtés du député fédéral Francis Drouin, la femme du premier ministre du Canada, Sophie Grégoire, a témoigné de l’attachement qu’elle a pour la langue française, et elle a tenu à lancer un message aux enfants de la région. « Je veux vous dire que c’est maintenant à vous de porter le flambeau, de bien apprendre, de protéger, d’aimer, de bercer votre langue, de bien l’écrire, de bien la parler. »

Le maire de la municipalité de La Nation, François Saint-Amour s’est dit fier d’accueillir le 17e monument de la francophonie chez lui. « Grâce à vous [le comité organisateur], nous avons maintenant un monument, non seulement pour souligner la présence des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes dans notre municipalité, mais aussi pour bien représenter la fierté que nous avons pour notre langue. »

Sur le terrain de la Fromagerie St-Albert, le nouveau monument de la francophonie arbore l’un des plus hauts mâts jamais construits, du bout de ses 80 pieds.

Située entre le cimetière de Saint-Albert et l’école élémentaire catholique de Saint-Albert, l’œuvre rappelle d’un côté les ancêtres de la communauté, et de l’autre, les générations futures. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la campagne de financement s’est si bien déroulée, a fait remarquer le trésorier et coordonnateur du comité organisateur, François Bazinet.

Comme l’a expliqué l’artiste et concepteur de l’œuvre, Jacques Meilleur, l’un des traits dominants du monument est la longue courbe, qui représente le cheminement des Franco-Ontariens au travers des luttes pendant les derniers 400 ans.

« La brisure entre le gris et le noir reflète les reculs, les embûches vécues dans le passé, et si je peux ajouter, que l’on vit encore aujourd’hui. »