Jean-Marc Dalpé a été un des premiers artistes franco-ontariens a s’afficher officiellement contre les coupes dans les services en français en Ontario. Il a été suivi par plusieurs de ses collègues dans les jours qui ont suivi.

Les artistes franco-ontariens se mobilisent

Plusieurs artistes franco-ontariens ont témoigné de leur solidarité vis-à-vis de la mobilisation de la communauté franco, depuis les mesures annoncées par le gouvernement de Doug Ford.

Jean-Marc Dalpé, avait, dès le lendemain de l’annonce, partagé avec ses réseaux un texte poétique parlant d’une communauté « aux aguets et en beau joualvère » face à cet « adversaire que nous connaissons bien », et qui « cherche à nous effacer de l’histoire ». « Nous montons de nouveau au front / Nous avons reçu l’appel », écrivait l’auteur et cofondateur du Théâtre de la Vieille 17.

« Le poème rapaillé »

L’actuelle poète officielle francophone de la Ville d’Ottawa, Andrée Lacelle, a quant à elle fédéré une vingtaine de plumes franco-ontariennes pour construire ensemble Le poème rapaillé de la Résistance.

« Réduire au silence 600 000 rebelles conduits, M. Ford, au lever d’un peuple /car nous sommes debout depuis 400 ans et ce n’est pas vous qui nous ferez taire », avertissent les signataires.

« Jean Marc savait que même dans les années 80 / nous étions les Nigger-frogs de la province / mais c’est aujourd’hui que nous croassons /à voir notre étang se dessécher », poursuivent-ils.

Leur texte se veut un exemple de « mobilisation de la parole poétique franco-ontarienne face à l’attaque du gouvernement Ford contre notre collectivité ».

Sous-titré Dire la lumière de notre colère, il est cosigné par François Baril Pelletier, Éric Charlebois, Nicole V. Champeau, Andrée Christensen, Daniel Groleau-Landry et Paul Savoie, entre autres.

Règlement 17

Sur sa page Facebook, le groupe électro-rock d’Ottawa Règlement 17 a indiqué samedi qu’il était en train de préparer quelque chose en prévision des manifestations à venir.

« Pis on est vraiment heureux de voir que plusieurs de nos collègues ont pensé à la même réponse. M Ford, tu [n’as] aucune idée de ce que tu viens de réveiller », ajoutait le groupe.

Marie-Clo

L’auteure-compositrice-interprète d’Ottawa Marie-Clo a ainsi indiqué à la chaîne TFO qu’elle comptait participer à la manifestation prévue samedi 1er décembre à Ottawa. « La bataille n’est pas gagnée, ce n’est que le début. Et selon moi, il est impossible de dire qu’on appuie la cause, si on ne se rend pas à la manifestation. »

Stef Paquette

Pour le comédien-musicien et chroniqueur sudburois Stef Paquette, « c’est bien de chialer sur les réseaux sociaux, mais il faut [...] que les gens se lèvent et se montrent physiquement. On ne peut pas dire qu’on est 600 000 francophones, si on n’est que 20 personnes à manifester », a-t-il aussi dit à TFO.

Certains artistes, ont, comme lui, repris le mot-clic « #Frenchons ». Ce mot-clic, repopularisé par Dany Turcotte lorsqu’il a remis sa « petite carte » aux quatre Francos invités à s’exprimer sur le plateau de Tout le monde en parle la semaine dernière (ce hashtag a toutefois déjà été associé à la francophonie, dans le passé) se veut un symbole de cette solidarité.

Damien Robitaille

Dimanche, au micro de Radio-Canada, le chanteur Damien Robitaille – qui vit et travaille « au Québec depuis quinze ans », s’est réjoui de constater que les enjeux soulevés par le geste des progressistes-conservateurs interpellent toute « la communauté canadienne-française », et pas seulement les minorités linguistiques du pays.

Cette conscientisation qu’il constate au Québec « fait du bien au moral ». « Espérons que ça continue, cette solidarité-là ! »

Il n’est en revanche guère impressionné par « la marche arrière » du gouvernement, qu’il perçoit comme à peine plus qu’un « gros pas de bébé ». « Il a pris la tarte, et il nous redonne une pointe. »

Mardi, le Conseil québécois du théâtre (CQT) a confirmé son appui au mouvement de Résistance des Francos-ontariens par voie de communiqué.

Les coupes du gouvernement de l’Ontario « menacent la diversité des expressions culturelles, tout particulièrement dans le cas du théâtre francophone dans une province anglophone », soutient la CQT, en mentionnant La Nouvelle Scène, à Ottawa, à qui les progressistes-conservateurs viennent de retirer la subvention de 2,9 M$ promise par le précédent gouvernement libéral.

Playlist de la Résistance

L’Association des professionnels de la chanson et de la musique, (APCM), a par ailleurs mobilisé ses troupes en publiant sur Spotify sa Playlist de la Résistance. Sur cette liste de 23 chansons aux titres évocateurs, figurent par exemple Révolution, signée Règlement 17, et Personne ne pourra m’arrêter, de Mélissa Ouimet, au côté de l’hymne Notre place (repris collectivement) et de voix francophones venues de plus loin : les Plaines de Saskatchewan (Shawn Jobin) et la France (Noir Désir).