Selon la ministre Sonia LeBel, l’épanouissement des communautés francophones en milieu minoritaire peut passer par le développement économique.

L’électrochoc de la crise franco-ontarienne

Le « Jeudi noir » de la francophonie ontarienne a suscité une prise de conscience au Québec, soutient la ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, qui entend bien battre le fer pendant qu’il est chaud.

Mme LeBel s’est arrêtée à Ottawa vendredi dans le cadre de sa tournée du pays pour préparer le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui se tiendra à Québec en juin prochain.

« L’objectif de tout ça, c’est de revoir, de réviser ou d’adapter (tous les termes sont bons à ce stade-ci parce qu’on est dans l’ouverture) la politique québécoise en matière de francophonie canadienne », soutient la ministre québécoise.

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Le soutien du Québec à l’épanouissement de la francophonie canadienne peut prendre plusieurs formes, selon Sonia LeBel. En plus des investissements annuels du Québec pour la coopération interprovinciale et l’appui à la recherche, la ministre souhaite entendre les francophones de partout au pays sur les autres façons que le Québec peut les aider.

« On a eu des conversations en matière d’éducation, des échanges d’expertise ou avoir des programmes d’échanges, affirme Mme LeBel. Il y a même eu des discussions pour avoir des stages en petite enfance. Je pense à Whitehorse qui a une garderie complètement francophone. »

« Il y a des échanges qui peuvent être faits pour faciliter, avec des provinces qui n’ont peut-être pas de milieu universitaire francophone, l’accueil des étudiants canadiens en francophonie », ajoute la ministre québécoise de la Francophonie canadienne.

L’épanouissement des communautés francophones en milieu minoritaire peut également passer par le développement économique, croit Sonia LeBel. « On le voit au Québec dans un autre aspect. Quand on peut investir dans nos régions et qu’on stimule l’économie, le reste suit. Si une entreprise a du travail, le dépanneur va s’installer en face par la suite », illustre la ministre.

Mme LeBel souligne également que le soutien à la francophonie n’est pas uniquement par pur altruisme. Elle estime qu’il est dans l’intérêt du Québec de contribuer à la vitalité des communautés francophones.

« Je le vois comme l’érosion des berges. Si la francophonie canadienne s’érode autour de nous, on devient de plus en plus seuls et isolés. »

L’ouverture de Mulroney

Au sujet de l’électrochoc qu’a été le « Jeudi noir » franco-ontarien, la ministre LeBel rappelle qu’elle a été l’une des premières à discuter avec la ministre ontarienne des Affaires francophones, Caroline Mulroney, même si elle était en poste depuis seulement un mois. Les deux se trouvaient à Terre-Neuve dans le cadre d’une conférence des ministres de la Justice.

« J’ai toujours senti une compréhension et une ouverture de Mme Mulroney, soutient Sonia LeBel. Elle ne m’a jamais dit : “Je ne suis pas d’accord avec ce que mon premier ministre a fait”. Jamais. Je ne me serais pas attendu qu’elle le fasse non plus [...], mais j’ai toujours senti qu’elle avait une compréhension des enjeux, une ouverture aux enjeux. Je ne peux pas l’expliquer autrement que ça. C’est une personne à sa place, qui ne fera pas d’écart de cette sorte. On le voit dans les dernières entrevues qu’elle a données ; elle a travaillé de l’intérieur comme elle devait le faire sans mettre son gouvernement dans l’embarras, sans le décrier sur la place publique. »