Le recteur par intérim de l’Université de l’Ontario français, Normand Labrie

Le rêve d'une université francophone en Ontario «en suspens»

Déçu de la tournure des événements après des mois voire des années de travail sur le concept, le recteur par intérim de l’Université de l’Ontario français, Normand Labrie, croit toutefois que «l’idée n’est pas morte». À son avis, «le rêve reste en suspens».

Le professeur de sociolinguistique, nommé à ces fonctions à la fin du printemps dernier par le conseil des gouverneurs de la future institution, avoue que la décision fait mal. Mais il compte se relever les manches.

«On s’attendait peut-être à des coupures, mais pas à cela. J’imagine qu’il y avait trois options: l’abolition du projet, une réduction du budget ou encore un maintien du budget prévu à l’origine. La pire hypothèse, celle qu’on considérait le moins dans le contexte actuel, est finalement celle qui s’est concrétisée, affirme-t-il. L’institution existe toujours, mais qu’en l’absence de financement, ça signifie l’arrêt des chantiers».

L’Université de l’Ontario français devait en principe accueillir 350 étudiants en 2020.

«C’est un projet qui remonte à plus de 30 ans, il y a eu des années d’efforts en vue de la réalisation d’un continuum de l’éducation de la maternelle jusqu’à l’université pour les francophones. Le projet me tient vraiment à cœur, c’était une chance inouïe d’avoir une université d’aujourd’hui, et non pas un établissement qui reproduit les modèles du 20e siècle», explique M. Labrie.

La prochaine étape sera la fermeture des dossiers, dit-il, rappelant à M. Ford qu’un tel projet «aurait contribué au développement collectif et économique de la province, ce qui cadre bien avec l’agenda gouvernemental actuel.»