Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault

«Le français est non négociable», dit Jean-Paul Perreault

Alors que le gouvernement Legault ne légiférera pas pour interdire l’emploi du « Bonjour ! Hi ! » dans les commerces, Impératif français affirme que cette pratique devenue « très fréquente », y compris en Outaouais, est « irritante et n’a plus sa place ».

D’emblée, le président de l’organisme, Jean-Paul Perreault, soutient que « Bonjour » est une salutation reconnue à l’échelle internationale, au même titre que les mots « Merci » et « Bienvenue », à titre d’exemples. 

« Au Québec, le français est non négociable. Bonjour est vraiment une belle façon d’accueillir la clientèle, on n’a pas besoin d’y ajouter l’affreux Hi. Le mot bonjour s’adresse à tout le monde, sans aucune distinction de l’origine des gens. C’est la langue de l’inclusion et de la cohésion sociale. C’est une preuve de grande courtoisie. Le message qui doit être lancé partout, c’est que le Québec a le français comme langue commune d’usage public. S’il y en a qui ne le comprennent pas, il y a des cours qui se donnent, il n’y a pas d’excuse pour ne pas l’apprendre ou le parler », s’est-il exclamé. 

À LIRE AUSSI : «Bonjour-Hi»: le gouvernement Legault fait volte-face

Le gouvernement Legault a annoncé lundi qu’il changeait son fusil d’épaule et ne cherchera pas à interdire la formule d’accueil « Bonjour ! Hi ! » dans les commerces, mais misera sur la sensibilisation. Le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, a précisé sa pensée, lundi, en point de presse. Il a déclaré qu’aucune loi ne sera déposée en ce sens à l’Assemblée nationale.

Plus tôt, le bureau du premier ministre François Legault était intervenu et avait indiqué que le gouvernement n’envisageait plus la mise en place de mesures coercitives pour faire du français la seule langue d’accueil au Québec.

Il s’agit là d’un changement de discours par rapport à vendredi, alors que le ministre Jolin-Barrette laissait la porte toute grande ouverte à une interdiction du « Bonjour ! Hi ! » dans les commerces et les services publics.

Simon Jolin-Barrette préfère maintenant parler « d’incitatifs » pour « accompagner les entreprises ». Il pourrait cependant envoyer une directive aux sociétés d’État pour qu’elles respectent le souhait de l’Assemblée nationale concernant l’accueil en français.

M. Perreault affirme que la formule « Bonjour ! Hi ! » n’est que « la pointe de l’iceberg ». 

« On peut se rendre plus loin, il y en a d’autres. Il y a les Ouvert Open, les Fermé Closed, les Merci Thank You, etc. Ça pullule, pour ne pas dire que ça pollue partout. Malheureusement, on a réussi avec cette vision nord-américaine, imposée par le gouvernement fédéral, à occuper le cerveau des gens pour les amener à croire que c’est mieux quand on apprête tout ça dans une autre langue que le français. C’est fréquent, irritant et abondant », déplore-t-il. 


« « Le mot bonjour s’adresse à tout le monde » »
Jean-Paul Perreault

Impératif français espère que les sociétés d’État, les municipalités et les établissements publics prêcheront par l’exemple en ayant recours exclusivement à la langue de Molière pour accueillir la clientèle. 

« Je profite de l’occasion pour demander à la population et aux gens d’affaires de vite faire disparaître ces pratiques dévalorisantes de la langue que tout le monde doit parler. Les gens peuvent opter sereinement pour le Bonjour. C’est un droit, alors ce serait un signe de mauvaise volonté et de petitesse d’esprit si les anglophones s’y opposent », lance M. Perreault, conscient que la formule « Bonjour ! Hi ! » est « plus prononcée » dans les secteurs Aylmer et Hull ainsi que dans le Pontiac. 

Malgré tout, le président de l’organisation ne croit pas que Québec devait nécessairement légiférer en la matière.

« On verra ce que la bonne volonté des gens d’affaires donnera, on verra l’importance de la participation citoyenne pour ce mouvement. Si ça ne répond pas en grand nombre, on fera une campagne ou on demander au gouvernement d’intervenir différemment, avec davantage de mesures coercitives », de dire Jean-Paul Perreault. 

Selon les données du recensement 2016 de Statistique Canada, l’anglais est la première langue officielle parlée de près de 41 000 personnes à Gatineau, soit 15 % de la population.

Avec La Presse canadienne