Dans une lettre adressée au président de l’Assemblée législative, Amanda Simard a annoncé qu’elle quittait le caucus progressiste-conservateur de l’Ontario.

Le coup d’éclat d’Amanda Simard

La démission de la députée Amanda Simard du caucus conservateur de Doug Ford a causé toute une onde de choc au sein de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell. En plus de claquer la porte de son parti, Mme Simard a annoncé qu’elle se représentera à Queen’s Park de façon indépendante.

Dans une courte lettre adressée au président de l’Assemblée législative, la députée a annoncé qu’elle quittait, « à compter de maintenant », ses fonctions en tant que membre du caucus progressiste-conservateur.

Le maire de Russell, Pierre Leroux, qui était aussi l’opposant de Mme Simard aux dernières élections provinciales, est reconnaissant des actions de la députée. « Honnêtement, Amanda Simard a mes sympathies pour la situation dans laquelle elle se retrouve. (...) Je la félicite de conserver ses valeurs, qu’elle a clairement à cœur. »

Celui-ci se dit toutefois craintif quant à l’avenir des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR). « J’espère qu’il (Doug Ford) n’utilisera pas ça comme raison d’être négatif envers nous pour les prochains quatre ans. »

Cette inquiétude est partagée par le président des CUPR et maire de la municipalité de La Nation, François Saint-Amour. « Je suis surpris, à moitié. Mme Simard a été garochée en dessous du bus. Je ne sais pas si ça va être positif pour nous, parce qu’il va nous manquer une représentation au gouvernement provincial. »

Député libéral de la circonscription de 1995 à 2011, Jean-Marc Lalonde croit que Mme Simard aurait mieux fait de rester dans les rangs du parti conservateur. « Le gouvernement est là pour les prochains quatre ans, ça nous prenait une personne pour défendre la cause et les gens de Prescott et Russell. Mais ils l’ont vraiment laissée de côté, ajoute-t-il, ce n’est pas une décision facile. »

Jean Poirier, député de la même circonscription de 1984 à 1995, se dit très préoccupé pour les années à venir. « Ce qui m’inquiète, c’est de savoir qu’est-ce que ça veut dire, une députée indépendante pour le comté, parce que c’est une première, je suis inquiet pour les prochains trois ans et demi. On va voir s’il y aura des conséquences pour tous les besoins particuliers, comme les écoles, la santé, les chemins, etc. »

Plusieurs saluent la décision de Mme Simard d’avoir quitté les rangs conservateurs. « À plusieurs reprises, Mme Simard a tenté de convaincre le gouvernement Ford de renverser ses décisions. Le geste qu’elle a posé ce matin (jeudi), va non seulement résonner dans la communauté franco-ontarienne, mais aussi dans les communautés francophones et acadiennes partout à travers le pays, et ce, pendant des décennies à venir », a déclaré le député fédéral de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell Francis Drouin dans un communiqué.

La directrice générale de l’ACFO Prescott et Russell, Liette Valade, s’est dite « bouche bée, sans mot ».

« Je le voyais venir, mais pas aussi rapidement. (...) C’est une dame très courageuse, son geste est apprécié. C’est une alliée, elle n’a jamais lâché et a toujours été là, du début. »

Au moment d’écrire ces lignes, Amanda Simard n’avait pas encore répondu aux demandes d’entrevue.

« La fortitude d’une lavette »

L’ex-député libéral Jean Poirier n’y va pas de main-morte envers la nouvelle ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney. « C’est pathétique. Je suis extrêmement déçu, je pensais qu’elle aurait eu plus de fortitude. Mme Mulroney a la fortitude d’une lavette. Elle a évité les médias, elle se faufile, c’est indigne de dire qu’elle est l’amie des francophones. »

Au sein du caucus progressiste-conservateur, c’est Gila Martow qui prendra la place d’Amanda Simard comme adjointe parlementaire aux Affaires francophones.