La communauté franco-ontarienne de Prescott et Russell s’est réunie pour célébrer la francophonie en remettant l’Ordre de la francophonie à quatre récipiendaires et le prix jeunesse Thomas-Godefroy à deux autres lauréats.

Le 21e Banquet de la francophonie dans l'ambiance de la résistance

Comme une panoplie d’événements tenus en français au cours de la dernière année, le 21e Banquet de la francophonie de Prescott et Russell s’est déroulé, samedi, dans une ambiance de résistance et de vert et blanc.

« Il s’en est passé des choses dans notre communauté depuis le dernier banquet », a avancé le président de l’Association canadienne-française de l’Ontario de Prescott et Russell, Jacques Héroux. « Le thème de cette année [...] est un rappel que nous, en tant que communauté francophone de partout en province, avons été interpellés à différents moments d’être solidaires de nos nombreux conflits du passé et que nous en sommes toujours ressortis un peuple plus fier et résilient. Ce thème souligne aussi que nous sommes encore une voix unie dans la revendication de nos acquis, de nos droits. Je vous invite aussi à regarder plus loin et voir comment notre langue nous unit, pour grandir et s’ouvrir davantage sur ce monde. »

La présidente-directrice générale du collège La Cité, Lise Bourgeois, fait partie des quatre nouveaux lauréats qui ont été ajoutés à l’Ordre de la francophonie de Prescott et Russell. Originaire d’Embrun, cette dernière a reçu le prix de l’engagement. « Ce qui me fait plaisir de recevoir cette reconnaissance, c’est de continuer à œuvrer en éducation, parce que c’est pour moi à la base de beaucoup de choses, autant le développement économique, social et culturel de nos communautés, et surtout quand on est dans des communautés rurales. Il reste encore bien du chemin à faire, et particulièrement pour les francophones. »

L’Union des cultivateurs franco-ontariens est elle aussi lauréate de l’Ordre, dans la catégorie d’organisme communautaire. « L’agriculture et l’éducation c’est très important. Dans le sud et dans l’ouest de l’Ontario, les agriculteurs ont accès aux institutions universitaires et collégiales dans leur langue anglaise. [...] Il faut qu’il y ait une formation agricole francophone, facilement accessible », s’est exclamé en entretien avec Le Droit le président de l’Union, Marc Quesnel.

La troisième distinction de l’Ordre de la francophonie a été remise à Nathalie Ladouceur, pour son travail à titre de bénévole. « La journée du 1er décembre, la question de pouvoir rassembler plus de 1000 personnes ici à Hawkesbury, afin d’oser dire, se prononcer, d’être ensemble et fêter le fait qu’on est francophones, suite aux annonces du gouvernement Ford, pour moi, c’est un moment récent qui vient de mettre la cerise sur le sundae de plusieurs moments que j’ai vécus au cours de ma vie, dans ma carrière », a-t-elle déclaré.

Le récipiendaire pour l’Ordre de la francophonie pour la catégorie de « francophile » est le défunt Phil Arber. Originaire du Manitoba, ce dernier était reconnu pour son action communautaire, qui « aura marqué son village d’adoption, Vankleek Hill, au cours des 40 dernières années par son engagement communautaire ».

Prix jeunesse Thomas-Godefroy

Deux membres de la communauté ont aussi reçu le prix jeunesse Thomas-Godefroy, dont le directeur artistique au sein du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien, Jean-François Dion. En entrevue avec Le Droit, il a tenu à souligner l’importance pour les francophones de demander des services en français. « Souvent, les Franco-Ontariens, on est tellement du bon monde, on accueille et on ne pose pas de questions. On a des droits et on mérite d’être respectés nous aussi. De prendre position, de demander ces droits-là, souvent on se sent mal, mais on a droit à du service en français. »

L’autre récipiendaire de ce prix est l’élève de 12e année, Evelyne Roy-Molgat. Cette dernière s’est démarquée au sein de son école par sa passion et par son engagement dans les activités scolaires et communautaires. Celle-ci a su partager sa passion pour la francophonie par les arts de la scène et la radio.

Comme le veut la tradition du Banquet de la francophonie, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, a levé son verre à la francophonie, en compagnie des quelque 250 convives présents à l’événement. « C’est un toast à notre francophonie plurielle, de tous les accents, de toutes les couleurs. À notre francophonie vibrante et batailleuse pour ses droits. »