La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde

Lalonde entend respecter la Ville d'Ottawa

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Marie-France Lalonde, n'a pas l'intention d'enjoindre au maire d'Ottawa de doter la ville d'un statut officiellement bilingue. Elle privilégie plutôt l'approche du dialogue entre les parties et veut respecter les juridictions des différents paliers de gouvernements afin d'éviter une ingérence de la province.
«Il y a un respect qui se doit d'exister entre les paliers gouvernementaux. Les municipalités sont un produit des provinces. [...] Aujourd'hui, on arrive à communiquer avec nos municipalités et à trouver un terrain d'entente. Concernant ce dossier, je continue mon engagement à soulever cet enjeu-là, mais j'ai un respect», a affirmé Mme Lalonde dans le cadre d'une rencontre éditoriale avec Le Droit tenue peu avant la rentrée parlementaire à Queen's Park prévue le 21 février.
La députée d'Ottawa-Orléans appuie l'adoption d'un statut de ville officiellement bilingue pour la capitale fédérale. Selon elle, c'est à la Ville d'en faire la demande à l'Assemblée législative. 
«Pour moi c'est important que les deux langues soient présentes. Pour Monsieur le maire, c'est fort de dire qu'Ottawa est une ville bilingue. Au niveau du symbole on aimerait que la Ville fasse une demande officielle et là on serait capable de l'enchâsser au niveau de la loi, explique Mme Lalonde. Il faut vraiment souligner que la Ville, à travers la province, est la seule à avoir adopté une politique de bilinguisme.»
Vérification faite auprès de l'Association française des municipalités de l'Ontario (AFMO), d'autres villes à travers la province se sont engagées à offrir des services en français.
«La Ville d'Ottawa a passé ce règlement-là, mais d'autres municipalités peuvent avoir passé d'autres types de règlements ou avoir une offre active», explique Jacqueline Noiseux, directrice générale de l'AFMO, donnant en exemple les politiques d'affichage dans l'Est ontarien ou encore la politique encadrant les communications du côté de Toronto.
Marie-France Lalonde assure que si l'administration municipale achemine une demande de désignation bilingue à Queen's Park, «on va y adhérer avec plaisir».
Entre temps, la ministre Lalonde estime qu'il est essentiel de poursuivre la discussion avec les 23 élus municipaux d'Ottawa et d'encourager les communautés francophones et anglophones à communiquer leurs points de vue au maire Jim Watson.
L'important dans tout le débat de la désignation bilingue de la capitale fédérale, aux yeux de la ministre déléguée aux Affaires francophones, c'est la question de l'accès aux services en français.
Université de langue française: une étude et un rapport attendus
Le plan et les souhaits du gouvernement quant à la future université de langue française en Ontario seront connus lorsque l'étude de faisabilité et le rapport du conseil de planification seront déposés.
La ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, n'a pas voulu dévoiler les attentes de son gouvernement, mais réitère l'engagement de celui-ci.
«On leur a dit [au conseil de planification] ce qu'on souhaite, mais on doit laisser l'équipe faire son travail. [...] C'est vraiment prématuré à ce stade-ci. Mon souhait, ce qui va être possible, on va le voir au niveau du plan de planification. Cette étape est importante. C'est ce qui va avoir un impact au niveau de notre engagement», explique Mme Lalonde.
Le comité de planification présidé par l'ancienne commissaire aux langues officielles du Canada, Dyane Adam, doit remettre son rapport au printemps 2017. Par la suite, le gouvernement libéral proposera un échéancier à plus long terme. 
Certains regroupements de jeunes Franco-Ontariens ont fait connaître leur déception après avoir été oubliés lors de la composition du comité de planification.
«Je suis sensible à ça. Les jeunes sont impliqués depuis plusieurs années. Ils nous ont demandé dans leurs recommandations qu'on s'engage pour une université francophone dans le Centre Sud-Ouest, mentionne Mme Lalonde. Je veux qu'ils continuent de s'engager.»
Un deuxième mandat
À un peu plus d'un an des prochaines élections provinciales, la ministre Marie-France Lalonde ne cache pas son intention de se représenter pour un deuxième mandat afin de représenter les citoyens d'Ottawa-Orléans.
Cette dernière croit aux chances de son gouvernement de se faire réélire à Queen's Park. 
«Si vous regardez les chiffres, notre taux de chômage est le plus bas au niveau canadien. On a de l'emploi ici en Ontario. On crée de l'emploi. On a aussi des écoles et un système d'éducation solide, soutient la ministre. On va balancer le budget pour 2017-2018. Nous nous y sommes engagés.»
Ne cachant pas que les électeurs soulèvent régulièrement la question des tarifs d'électricité, Mme Lalonde rappelle que son gouvernement s'est engagé à offrir un rabais depuis le 1er janvier dernier et que des programmes existent afin d'offrir du soutien aux familles dans le besoin.
«Il y a eu des augmentations des tarifs d'électricité, mais c'est à cause du manque d'investissement des gouvernements antérieurs», soutient Mme Lalonde.
Soins de santé en français: bénéficier de l'expertise Montfort
L'un des défis pour le gouvernement provincial est d'assurer aux francophones de l'Ontario qu'ils auront accès à des services de santé dans leur langue, un engagement auquel tient particulièrement la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde.
« C'est un dossier qui est complexe parce qu'en santé c'est compliqué de s'exprimer. Par contre, il y a la réalité d'avoir plus de médecins qui vont pouvoir s'exprimer en français, plus d'infirmières, de psychothérapeutes, de travailleurs sociaux. Vous savez, il y a cette réalité quand on est une minorité. [...] Si à Ottawa on est un peu choyé [avec l'Hôpital Montfort], le reste de la province n'est pas aussi bien choyé », explique Mme Lalonde.
La députée d'Ottawa-Orléans compte travailler avec l'hôpital Montfort afin que son expertise puisse être bénéfique pour le reste de la province. 
Selon la ministre, la future université de langue française aura aussi un rôle à jouer.
« L'université francophone est très importante pour avoir des programmes qui font en sorte que nos jeunes vont pouvoir continuer à étudier en français et qu'ils pourront aider au niveau des soins de la santé une fois graduée », donne-t-elle en exemple.