Carol Jolin indique avoir sensibilisé la première ministre Kathleen Wynne sur le budget des Affaires francophones l’automne dernier.

L’AFO réclame une hausse de 75 % du budget

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a dressé sa liste d’épicerie et réclame ni plus ni moins qu’une hausse de 75 % du budget du ministère des Affaires francophones, créé l’été dernier.

Il s’agit de l’une des six recommandations émises par l’organisation mercredi à Ottawa à l’occasion des consultations prébudgétaires organisées par le Comité permanent des finances et des affaires économiques de l’Ontario.

Le budget actuel du ministère se chiffrant à 5,3 millions $, l’AFO demande donc que celui-ci surpasse le cap des 9 millions $.

« Nous avons trouvé inspiration dans une décision récente du gouvernement, qui avait haussé de 75 % de budget dédié au ministère des personnes âgées lors de sa création, en 2017 [...] Le mandat a complètement changé et maintenant qu’on a joint l’Organisation internationale de la francophonie, j’ai su que seulement pour ce dossier, ça pourrait prendre de deux à trois personnes de plus. C’est officiel que ça prend des ressources financières importantes pour pouvoir embaucher du personnel, que le ministère puisse faire son travail », a indiqué le président Carol Jolin.

Ce dernier indique avoir sensibilisé la première ministre Kathleen Wynne sur cette question l’automne dernier à Queen’s Park. 

Parmi les autres demandes de l’AFO, notons la bonification du financement dédié aux services de santé mentale en français.

« Même s’il y a des régions désignées, c’est parfois difficile d’obtenir des services en français. Des études ont déjà révélé que par exemple, dans des cas de démence, même si les gens ont parlé les deux langues toute leur vie, il est prouvé scientifiquement que lorsque les gens en arrivent à un certain point, c’est la langue maternelle qui reste, ils oublient complètement l’autre langue », a indiqué M. Jolin en réponse à une question du jeune député progressiste-conservateur Sam Oosterhoff, membre du comité.

Un investissement dans les centres culturels francophones en accordant une enveloppe de base de 50 000 $ à chacun de ceux-ci est aussi réclamé. L’organisme rappelle que nombre d’entre eux ont dû mettre la clé dans la porte ces dernières années, faute de financement adéquat. 

Inquiet pour l’avenir de la presse francophone, l’AFO recommande également que le gouvernement et ses agences dédient 5 % du budget alloué à ses placements publicitaires aux médias francophones de la province. 

L’augmentation du budget des Entités de planification de services de santé en français, gelé depuis sept ans, et la mise sur pied d’un fonds d’aide pluriannuel visant à aider les organismes à mieux absorber les conséquences de la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure (prévue pour 2019) sont deux autres des recommandations mises de l’avant par l’AFO.

Tout au long de la journée, une vingtaine de délégations de divers secteurs d’activité sont venues exposer leurs idées devant le comité réuni dans un hôtel du Marché By, dont le Mouvement Desjardins, le Collège Algonquin, la Coalition de la santé d’Ottawa et le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario.