Rémi Sabourin, président de l’AEFO
Rémi Sabourin, président de l’AEFO

L’AEFO accuse Lecce de négocier en public

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
À moins d’un revirement de dernière minute, les élèves des écoles francophones de l’Ontario seront en congé forcé jeudi alors que le syndicat qui représente leurs enseignants a dénoncé mardi la sortie publique du ministre de l’Éducation Stephen Lecce sur les dernières offres de la province.

« M. Lecce décide que c’est en public que ça va se faire. D’habitude, ce n’est pas comme ça qu’on négocie », a déploré en entrevue au Droit le président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin.

L’AEFO maintient sa journée de débrayage provinciale prévue jeudi.

« Depuis environ un an, le gouvernement s’amuse à vouloir créer le cahot en éducation. Mais nous sommes là. On va continuer à négocier. Nous sommes prêts à tout moment de continuer la négociation si les autres partis le veulent et qu’ils veulent trouver une entente », a ajouté le président de l’AEFO.

En conférence de presse à Toronto, le ministre Lecce a annoncé certaines concessions du gouvernement Ford afin de trouver un terrain d’entente avec ses enseignants, dont l’engagement d’établir la taille des classes à un maximum de 23 élèves et de donner aux parents la possibilité de décider que leur enfant ne participe pas aux cours en ligne obligatoires qui sont requis pour l’obtention du diplôme d’études secondaires.

« Le temps est venu de mettre définitivement un terme à ce conflit syndical. Les parents sont frustrés, les élèves perdent des jours d’enseignement et le personnel enseignant est incertain de l’avenir qui l’attend », a indiqué le ministre Lecce dans un communiqué.

Mais pour M. Sabourin, le ministre Lecce « n’a parlé que des sujets dont il voulait parler ».

« Il n’a absolument pas parlé des conseils scolaires qui sont à la table des négociations et qui nous causent énormément de troubles », a pesté M. Sabourin, faisant notamment référence à des questions ayant trait à la reconnaissance professionnelle de ses membres et à l’imposition de tâches qui ne relèvent pas d’eux.

M. Lecce a tenu à préciser que la dernière proposition reflète les priorités des élèves et des parents, et qu’elle conserve l’offre de la province d’une augmentation raisonnable de la rémunération et des avantages sociaux des enseignants.

« Si les syndicats rejettent cette nouvelle offre centrée sur les élèves, les parents seront en droit de se demander quelles sont vraiment les priorités des syndicats », a indiqué le ministre de l’Éducation.