Le président général de la société Saint-Jean Baptiste de Montréal, Maxime Laporte.

La société Saint-Jean Baptiste dénonce l'entente avec les Anglo-Québécois

MONTRÉAL – La Société Saint-Jean Baptiste (SSJB) de Montréal, qui avait invité une délégation franco-ontarienne en ouverture du dernier défilé de la Saint-Jean Baptiste, sort du silence. Elle appelle l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) à revoir l’entente conclue avec le Quebec Community Groups Network (QCGN) et à «embrasser ensemble le combat pour le français».

«La vraie solidarité francophone exige un dépassement de la doctrine linguistique fédérale», lance d’emblée le président général de la SSJB de Montréal, Maxime Laporte, dans une déclaration diffusée ce mercredi.

Se disant très fier d’avoir accueilli la délégation franco-ontarienne dans les rues de Montréal le 24 juin, signe d’un «beau moment de fraternité et de solidarité en réponse aux assauts dirigés contre le fait français en Ontario et ailleurs au Canada», M. Laporte dénonce le rapprochement opéré avec le QCGN.

«L’AFO et la SANB annoncent qu’elles agiront politiquement en faveur de l’essor de l’anglais au Québec. Cela, jusqu’à venir manifester chez nous, songent-elles, aux côtés des pourfendeurs, voire des fossoyeurs les plus notoires de la loi 101. (…) Force est d’admettre qu’on ne saurait mieux s’y prendre pour ébranler dangereusement nos plus précieux dénominateurs communs», juge le président de la SSJB, qui appelle à faire cause commune pour «l’avancement ou, minimalement, le maintien du statut et du poids démographique à long terme du français dans l’ensemble de l’espace francophone».

Alors que le Québec a montré de nombreux signes de solidarité envers la communauté franco-ontarienne ces derniers mois, après les compressions du gouvernement de Doug Ford, M. Laporte juge la décision de l’AFO décevante.

«Le bel aura positif ayant émané des récentes mobilisations franco-ontariennes, applaudies et appuyées sincèrement par l’ensemble des Québécois, se trouve soudain mis au service de la «cause» de ceux qui cherchent à bilinguiser et à angliciser notre société. C’est surréel.»

La gestion anglo-québécoise pas menacée

Il rejette l’argument avancé notamment par l’AFO pour justifier ce rapprochement que la gestion scolaire «par et pour» les Anglo-Québécois serait menacée par la décision du gouvernement québécois de transférer deux écoles de la Commission scolaire English-Montreal (CSEM) à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Ile (CSPI) qui manque de place pour ses élèves francophones.

«L’intervention du ministre [de l’Éducation] porte uniquement sur des aspects particuliers liés à l’exploitation du parc immobilier public, sans nullement mettre en cause l’exercice général par le réseau anglophone de son droit de s’administrer lui-même afin de garantir à tous ses bénéficiaires leur droit à une éducation de qualité.»

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