Les premiers ministre du Québec et de l'Ontario, François Legault et Doug Ford, se sont rencontrés le 19 novembre dernier.

La Résistance en 14 jours

Un aperçu de tous les développements depuis le dévoilement de l'énoncé économique du gouvernement Ford, le 15 novembre dernier.

15 novembre 

Dans le cadre de son énoncé économique, le gouvernement progressiste-conservateur du premier ministre ontarien Doug Ford annonce l’abolition du Commissariat aux services en français et reporte l’ouverture de l’Université de l’Ontario français prévu en 2020 à Toronto.

16 novembre

Jour noir pour les Franco-Ontariens titre à la Une le quotidien Le Droit. Sous le choc, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) exige une rencontre avec le premier ministre Ford. Dans les heures et jours qui suivront, plusieurs ténors de la francophonie canadienne se dresseront pour combattre les décisions du gouvernement Ford en matière de services en français. Et, chose rare, le sort de la minorité franco-ontarienne fera les manchettes partout au pays, même au Québec.

La une du quotidien Le Droit du 16 novembre 2018.

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, soutient que les coupes dans les services en français représentaient «une décision difficile, mais nécessaire», vu l’état des finances de la province.

19 novembre

Le premier ministre du Québec, François Legault, demande à Doug Ford de battre en retraite. Inflexible lors la rencontre entre les deux hommes, M. Ford ne bronche pas en prétextant des enjeux budgétaires.

Le Parti conservateur bloque la motion de la députée fédérale d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, qui espérait l’unanimité des parlementaires en vue de dénoncer les coupes faites par le gouvernement de l’Ontario en matière de francophonie.

20 novembre

La ministre fédérale responsable des langues officielle, Mélanie Joly, indique que les Francos-Ontariens pourraient recourir au Programme de contestation judiciaire pour lutter contre les mesures du gouvernement Ford.

21 novembre 

Coup de théâtre, la députée conservatrice de Glengarry-Prescott-Russel, Amanda Simard, désapprouve son chef à qui elle demande de «reconsidérer ces mesures.»

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, et quatre conseillers municipaux de la capitale fédérale écrivent à Doug Ford pour le prier de rétablir le Commissariat aux services en français.

22 novembre

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, ajoute sa voix au mouvement de contestation. 

L’AFO annonce pour le 1er décembre la tenue d’une journée de mobilisation provinciale pour protester contre les coupes dans les services en français.

23 novembre

Doug Ford recule partiellement. Le poste de commissaire aux services en français demeure, mais sous la houlette de l’Ombudsman de la province. Il rétablit le ministère des Affaires francophones disparues fin 2018.  De plus, il s’engage à créer un poste de conseiller aux affaires francophones au sein de son bureau. L’AFO salue l’ouverture du gouvernement Ford, mais elle entend poursuivre la lutte.

25 novembre

À l’émission Tout le monde en parle diffusée d’un océan à l’autre, l’animateur Guy A. Lepage loue le courage et la détermination de ses quatre invités franco-ontariens. «Votre fierté linguistique est une belle leçon pour nous, les Québécois francophones», clame-t-il.

La députée conservatrice Amanda Simard est accueilli chaleureusement à St-Isidore par ses concitoyens de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russel 

26 novembre

Caroline Mulroney est assermentée à titre de ministre des Affaires francophones de l’Ontario.

Le commissaires des services en français de l’Ontario, François Boileau, est catégorique. Il n’a pas l’intention de travailler sous la férule de l’Ombudsman de la province. «Je ne pourrais pas cautionner cette perte-là.  Je n’ai pas ce coeur-là, je n’ai pas ce courage.» 

28 novembre

Dans une lettre ouverte publiée dans Le Droit, le recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont, se range aux côtés de la communauté franco-ontarienne dans le dossier de l’Université de l’Ontario français.   

À la demande du chef progressiste-conservateur Andrew Scheer, le premier ministre canadien Justin Trudeau reçoit dans son bureau les leaders de tous les partis représentés à la Chambre des communes afin de discuter des enjeux liés à la francophonie. Plus tôt dans la journée, M. Trudeau a attaqué à son vis-à-vis conservateur sur le sujet.   

Une motion néo-démocrate visant à s’opposer aux coupes francophones est battue à l’Assemblée législative. La députée conservatrice Amanda Simard vote en faveur de la motion.  

29 novembre 

Isolée dans son propre camp, la députée Amanda Simard quitte le Parti PC.  Elle siégera désormais comme indépendante.

La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard

Les représentants de l’AFO rentrent bredouilles d’une rencontre avec le premier ministre Ford . Plus tard en Chambre, ce dernier a fait sursauter l’opposition officielle en déclarant que «même s’ils ne sont que 3% de la population en Ontario...»,  un «même si» controversé qui sera suivi par «...ils jouent un rôle majeur en culture, dans l’histoire, dans différentes sphères des affaires.»   

30 novembre, 1er et 2 décembre

Des manifestations se tiennent dans une quarantaine de communautés de l’Ontario et ailleurs au pays.