Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, confirme que son organisme travaille présentement à organiser des actions concrètes.

La résistance des Franco-Ontariens s'organise

Quelques jours après le coup de masse du gouvernement Ford qui est venu ébranler les colonnes du temple de la francophonie en Ontario, les différents acteurs franco-ontariens s’activent déjà à organiser la résistance.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) tenait dimanche matin, à Ottawa, une réunion d’urgence afin d’échanger sur les stratégies à adopter pour combattre les compressions du gouvernement Ford.

Cette réunion à huis clos, à laquelle prenaient part plusieurs acteurs influents de la francophonie ontarienne, a permis d’établir la marche à suivre selon le président de l’AFO, Carol Jolin.

« Plusieurs piliers de toutes les sphères de la communauté franco-ontarienne étaient là, on sentait qu’il y avait beaucoup de détermination, mais aussi beaucoup de frustration dans la salle. Les gens sont fâchés, maintenant il faut trouver la façon d’utiliser cette énergie-là au service de notre cause. On a fait un bon remue-méninges de ce qui peut être fait au niveau des actions politiques et communautaires. »

M. Jolin confirme que l’AFO travaille présentement à organiser des actions concrètes. « Il y a plusieurs idées envisageables. On peut lancer des pétitions, faire des campagnes sur les réseaux sociaux, solliciter des organismes communautaires ou même organiser des manifestations. »

« On sent déjà un engouement, on reçoit des messages de citoyens qui veulent contribuer au mouvement. On voit que les gens sont frustrés par cette décision du gouvernement provincial. Il y a déjà des gens qui ont commencé à faire des actions concrètes comme des pétitions par exemple. »

M. Jolin ajoute qu’il demeure intransigeant quant au mandat de la résistance. « Il n’est pas question de faire de compromis sur un ou l’autre des dossiers francophones qui sont passés au couperet la semaine dernière. Il s’agit de deux institutions majeures et notre mandat envers la communauté est que le gouvernement revienne intégralement sur sa décision dans les deux cas. »

Des appels au premier ministre

Depuis que le gouvernement ontarien a choisi de mettre un terme au Commissariat aux services en français ainsi qu’au projet d’Université de l’Ontario français, le téléphone cellulaire de Doug Ford est inondé d’appels par des Franco-Ontariens qui cherchent des réponses à leurs questions.

Le Franco-Ontarien et fondateur de l’organisme Le Réveil, William Burton, s’explique bien mal ce qui a pu passer par la tête du gouvernement progressiste-conservateur. « Ce qui m’a le plus marqué de notre échange, c’est lorsque je lui ai demandé s’il avait consulté nos organismes franco-ontariens avant de prendre la décision et il m’a confirmé qu’il ne l’avait pas fait. »

Lors de son appel avec le premier ministre, M. Burton a été bouleversé par les propos tenus par Doug Ford, notamment en ce qui a trait aux minorités en Ontario. M. Ford s’est défendu en comparant les francophones aux autres minorités de la province.

« C’est pas un argument valide. Il fait juste regarder les chiffres. En fonction de ces chiffres-là, il a décidé que ça ne valait pas la peine d’investir dans la francophonie. C’est vraiment pas un choix que le gouvernement peut faire selon nos droits. »

M. Jolin abonde dans le même sens. « Il y a un manque de compréhension de sa part, c’est officiel. Il est important que M. Ford saisisse qu’il y a deux langues officielles au Canada et que le français en fait partie. Le gouvernement provincial à une responsabilité envers sa minorité francophone pour qu’elle prospère et qu’elle avance. La communauté francophone a des droits et ces droits ne peuvent pas être bafoués comme on l’a vu. »

Inclure les jeunes

William Burton déplore que le mouvement de résistance ne laisse pas assez de place aux jeunes. « J’ai eu une longue discussion avec Peter Hominuk [directeur général de l’AFO] vendredi. Quand je lui ai demandé de participer au mouvement et d’être observateur dans les rencontres, il m’a dit que je devrais laisser les adultes gérer ça. Ça lance le message que l’AFO veut rien savoir d’incorporer les jeunes dans leur mouvement, ce qui est assez décevant. » De son côté, M. Jolin se défend en affirmant que « des organisations jeunesse étaient présentes à la table de négociation lors de la rencontre de dimanche matin ».

« Ils travaillent activement et sont impliqués à 100 % dans le mouvement. On veut qu’ils puissent sensibiliser les autres jeunes à l’importance de ces enjeux-là. »

M. Jolin souligne d’ailleurs que les francophones et les francophiles qui désirent contribuer au mouvement de résistance peuvent le faire en devenant membres de l’AFO ou en faisant un don sur le site web de l’organisation.