Soukaina Boutiyeb aurait aimé que les aspirants élus soient plus nombreux à rédiger leurs réponses en français, mais constate qu’une bonne proportion est bilingue.

La moitié des candidats répondent au sondage de l'ACFO

Environ la moitié des candidats aux élections municipales ont pris part à l’exercice de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) en répondant au questionnaire sur les enjeux touchant la communauté francophone de la capitale fédérale.

De la reconnaissance du statut bilingue de la Ville d’Ottawa aux enjeux francophones dans les quartiers, quatre questions sur la francophonie étaient abordées dans le questionnaire auquel 63 des 114 aspirants élus ont répondu.

« Je trouve ça désolant que des candidats n’aient pas pris la peine de répondre. Avec l’exercice, on voulait faire connaître les enjeux de la francophonie, mais également aider monsieur et madame Tout-le-monde au bureau de vote le 22 octobre prochain », souligne Soukaina Boutiyeb, présidente de l’ACFO.

Sur la soixantaine de répondants, 31 ont écrit dans la langue de Molière alors que 38 ont indiqué parler français. Mme Boutiyeb aurait aimé que les aspirants élus soient plus nombreux à rédiger leurs réponses en français, mais constate qu’une bonne proportion est bilingue.

« J’espère que si l’on a une majorité d’élus qui parlent français qu’ils vont s’exprimer en français dans les rencontres surtout qu’on est dans une capitale officiellement bilingue. Il faut que les gens puissent parler dans leur langue et rappellent qu’il y a des francophones », croit la présidente de l’ACFO.

Parmi les aspirants élus ayant pris part au sondage, 11 sont des candidats sortants et 34 font campagne pour la première fois.

Les questions ont été élaborées à l’aide de la professeure Linda Cardinal, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université d’Ottawa.

À la question « Comment la Ville d’Ottawa pourrait-elle collaborer davantage avec les gouvernements de l’Ontario et du Canada pour assurer l’égalité du français et de l’anglais sur l’ensemble de son territoire », le candidat sortant dans le quartier Capitale, David Chernushenko, a répondu qu’il veut « un vrai bilinguisme, pas un bilinguisme de façade ».

Pour sa part, l’aspirant maire Clive Doucet croit qu’il y a beaucoup de chemin à faire pour la promotion du bilinguisme à Ottawa. « Je crois aussi qu’il y a toujours une certaine lacune concernant le service en français pour les francophones, plus particulièrement dans le secteur privé et chez beaucoup de commerces dans la ville », a-t-il énuméré entre autres comme enjeux francophones.

Candidat dans Orléans, un quartier à forte concentration francophone, Diego Elizondo est d’avis que la Ville doit reconnaître son statut bilingue avec des gestes concrets. « Il n’est pas normal que l’ébauche des budgets de la ville soit uniquement publiée en anglais. Advenant mon élection, je m’engage à communiquer dans les deux langues officielles en tout temps dans mes interventions l’hôtel de ville d’Ottawa », écrit-il.

Les réponses complètes des 63 répondants se trouvent sur le site Web de l’ACFO.