Kelly Burke et l’ombudsman Paul Dubé.

Kelly Burke défend son indépendance

TORONTO — La nouvelle commissaire aux services en français, Kelly Burke, a passé 20 ans dans la fonction publique. Dorénavant, la Franco-Ontarienne de naissance a le mandat de surveiller ses anciens collègues. Elle sera indépendante et libre, jure celle qui devra s’imposer sous l’autorité de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, et gagner la confiance des Franco-Ontariens.

Après plus de deux décennies au sein de la fonction publique ontarienne, Kelly Burke ne cache pas avoir un bon réseau de contacts et avoir même tissé des liens d’amitié avec certains collègues. Mais à l’occasion de sa première présence médiatique depuis sa nomination, elle assure que cela ne l’empêchera pas de mener ses enquêtes sur des manquements aux droits des francophones auprès de ses anciens collègues.

« En tant que juriste, j’ai aussi joué un rôle semblable. À représenter le gouvernement et d’autres intervenants. Un avocat a toujours une objectivité et c’est ce que j’ai l’intention d’exercer face au gouvernement et ses politiques. Je veux mesurer l’impact des décisions sur notre communauté francophone », a-t-elle répondu.

Peut-être même devra-t-elle enquêter sur des failles de projets sur lesquels elle a travaillé et donné son aval, confirme-t-elle.

« L’impartialité que je vais devoir exercer va me permettre de voir les choses différemment, possiblement. Peut-être même de prendre des décisions qui ne seront pas les mêmes que celles que j’aurais prises comme fonctionnaire », dit-elle, candidement.

Tout au long de sa conférence de presse, elle a répété être une fière Franco-ontarienne.

« Je veux vous dire que je fais partie de la communauté francophone ! », a-t-elle lancé, à un journaliste.

Les comparaisons avec François Boileau

Pendant le point de presse, l’ombudsman Paul Dubé a martelé que le mandat de la commissaire aux services en français serait identique à celui de François Boileau.

Mais Kelly Burke et Paul Dubé ont aussi répété que les méthodes d’enquête seraient différentes, que les prises de position publique seraient moins fréquentes et qu’une neutralité nouvelle, propre à l’ombudsman, allait guider les activités de la nouvelle commissaire.

« Dans une certaine mesure, on parle au nom d’une communauté, mais il faut respecter l’impartialité qui nous est accordée en tant que sous-ombudsman. M. Boileau a parlé souvent au nom de la communauté. La question : est-ce que le nouveau poste le permettra autant ? », a-t-elle lancé, sans fournir de réponse.