Des membres des organisations francophones et des enseignants étaient réunis pour discuter du projet d'université francophone en Ontario.

Journée de réflexion sur la question universitaire de l'Ontario français

Le projet de la création d'une université de langue française dans le Centre et Sud-Ouest de l'Ontario crée encore beaucoup de vagues chez les communautés francophones.
Des membres d'organisations de la francophonie et une cinquantaine d'enseignants d'universités ontariennes et québécoises se sont réunis à La Nouvelle Scène, mardi, pour discuter du projet.
Alors que certains militent pour la création d'une université francophone, d'autres ont des doutes quant à la viabilité d'une telle institution.
« C'est très ambigu de proposer un nouveau projet de société parce que les gens sont inquiets », observe le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), Alain Dupuis.
Mais selon une ancienne étudiante de l'Université d'Ottawa et grande militante pour l'enseignement supérieur en français, Geneviève LaTour, il faut « faire bouger les choses » et ce changement passe par les étudiants.
« Il y a des jeunes qui osent dire : "C'est pas correct, tu m'as vendu un programme en français, mais c'est pas ce que c'est" », se réjouit Mme LaTour, qui a d'ailleurs participé à la création du RÉFO. 
« Il ne faut pas avoir peur de prendre des risques. Et il faut se permettre de rêver, poursuit-elle. Ça ne s'arrête pas au secondaire. »
Mais cette université franco-ontarienne amène son lot de questionnements, et les enseignants ne partagent pas tous le même avis. 
Le projet ne « correspond pas à ce que demande la communauté de Toronto », selon un professeur à l'Université d'Ottawa, François Charbonneau.
Et il n'est pas le seul à défendre ce point de vue. 
Selon un professeur de l'Université de Waterloo, située au sud de la province, la création d'une université de langue française n'est pas la priorité des étudiants de la région visée par le projet.
« Le bilinguisme est une caractéristique profonde de l'identité [des étudiants torontois], témoigne-t-il. Ils sont fiers de pouvoir parler les deux langues. Et ils ne comprennent pas la notion de séparer les langues. »
Plusieurs enseignants ont toutefois proposé de transformer les institutions déjà existantes pour mieux desservir les étudiants franco-ontariens.
À leur avis, il n'y a pas suffisamment de ressources pour créer une nouvelle université.
« Pourquoi ne pas bâtir sur ce qui existe, au lieu de créer quelque chose de nouveau ? Ça va coûter beaucoup moins cher », a d'ailleurs mentionné le professeur de l'Université de Saint-Boniface, Yves Frenette.
Marika Bellavance, collaboration spéciale