Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Gatineau appuie les Franco-Ontariens

La Ville de Gatineau joint sa voix à celle des Franco-Ontariens et aux francophones de tout le pays pour dénoncer la décision du gouvernement conservateur de Doug Ford d’abolir le Commissariat aux services en français et de mettre fin au projet de création de l’Université de l’Ontario français.

Dans son discours accompagnant la résolution unanime du conseil municipal, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a affirmé que les élus gatinois ont tous été « indignés » en apprenant la décision du gouvernement Ford. Le conseil a voulu affirmer son soutien aux Franco-Ontariens dans leur lutte pour préserver et développer les institutions qu’ils jugent nécessaires à leur épanouissement. Le maire ajoute que l’Union des municipalités du Québec (UMQ) abordera aussi le sujet, la semaine prochaine, lors de son conseil d’administration. M. Pedneaud-Jobin est d’avis que la solidarité des francophones doit s’exprimer et dépasser les frontières de l’Ontario.

« Partout dans le monde, toutes les minorités linguistiques qui s’épanouissent ont en commun de contrôler leurs propres institutions d’enseignement, a rappelé le maire. Après des décennies de luttes, quand l’ancien gouvernement ontarien a finalement dit oui à la demande de la communauté franco-ontarienne de mettre en place une université de langue française, cela constituait une victoire extraordinaire pour l’Ontario français, et aussi pour le français lui-même, une des langues des Amériques. La décision du gouvernement ontarien constitue, pour le français, un recul important. »

La conseillère Myriam Nadeau, qui a passé une partie de sa jeunesse en Saskatchewan, a ajouté que « sacrifier la dignité d’un peuple pour boucler un budget est carrément inacceptable ». Le conseiller Gilles Carpentier dont la mère est originaire d’Ottawa a pour sa part qualifié la décision du gouvernement ontarien de « trahison qui doit être dénoncée ». 

La maire Pedneaud-Jobin a cité l’ancien premier ministre du Québec, Lomer Gouin, qui dans un discours prononcé en janvier 1915 pour dénoncer le règlement 17 qui interdisait l’usage du français dans les écoles de l’Ontario affirmait : « au nom des sublimes expressions qu’il a donné à la pensée humaine, je demande, pour le verbe français, le droit de résonner aux lèvres des écoliers d’Ontario qui veulent l’apprendre et le parler ». Selon M. Pedneaud-Jobin, les Franco-Ontariens sont aujourd’hui devant un combat semblable. « Lomer Gouin parlait des écoles primaires, il est question aujourd’hui de l’accès à l’université », a-t-il ajouté.