L'édifice de La Nouvelle Scène, sur l'avenue King Edward, à Ottawa.

Doug Ford prive La Nouvelle Scène de 2,9 M$

Le gouvernement de Doug Ford annule l’aide financière de 2,9 millions $ que les libéraux avaient promis à La Nouvelle Scène.

L’annonce de ces coupes n’a pas encore été rendue publique par le gouvernement progressiste-conservateur, mais les gestionnaires de La Nouvelle Scène Gilles Desjardins ont été avisés que le centre de diffusion ne pouvait plus compter sur le montant de 2,9 M$ que le gouvernement de Kathleen Wynne s’était engagé à verser, a indiqué mercredi la responsable des communications de LNS, Élyse Enright.

« Dans la foulée des compressions du gouvernement provincial envers la francophonie ontarienne, nous ne sommes pas surpris du retrait de la promesse d’investissement envers La Nouvelle Scène Gilles Desjardins», a réagi la directrice générale de LNS, Chantal Nadeau, par voie de communiqué.

«Nous travaillons présentement à l’élaboration d’une stratégie de financement et nous continuons à faire la promotion de la francophonie par l’entremise des arts et de la culture », poursuit-elle.

Ce message laconique envoyé mercredi aux médias précisait qu’aucune entrevue ne serait accordée dans la journée de mercredi.

Le centre de diffusion artistique de la rue King Edward traîne une dette de 3 millions $ liée aux travaux de reconstruction et d’agrandissement que LNS a entrepris en 2014-2015.

«C’est une petite tempête par ici, a avoué Mme Enright. On [Mme Nadeau et le président du c.a. Jean Lalande, notamment] est en train de se concerter» sur la stratégie à adopter face à la décision de Doug Ford, et aux options possibles pour éponger ce passif. 

Assurer la pérennité de LNS

Le 3 mai 2018, le gouvernement de Mme Wynne avait promis d’accorder 2,9 millions $ à La Nouvelle Scène afin d’effacer sa dette. 

L’objectif visé par cet investissement était d’aider le centre artistique à «relever les défis inattendus rencontrés lors de la reconstruction» et lui permettre d’«assurer la pérennité» de ses activités.

«Ce théâtre est un phare culturel pour la communauté franco-ontarienne et le gouvernement de l’Ontario est fier de l’appuyer», précisait cette annonce, faite par le Bureau de la députée Nathalie Des Rosiers. 

L’édifice de LNS héberge quatre compagnies de théâtre francophones – le Théâtre du Trillium, La Vieille 17, le Théâtre la catapulte et Vox Théâtre, en plus d’offrir des espaces de réunion pour de nombreux organismes, essentiellement communautaires et francophones.

«Procédure non respectée»

La promesse des libéraux de verser 2,9 millions $ à LNS a été réalisée «dans un effort désespéré pour acheter des votes juste avant l’élection», a commenté Callum Elder, conseiller aux communications du ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport Michael Tibollo.

Les libéraux de Mme Wynne ont fait cette promesse sans même qu’une soumission ou qu’un plan de mise en œuvre (implementation plan) n’aient été préalablement présentés par LNS, explique-t-il. «Puisque les libéraux n’ont pas respecté la procédure réglementaire d’approbation, il était difficile de savoir si le financement provincial promis pouvait être considéré comme une dépense d’immobilisation.»

M. Elder y voit un signe manifeste que les libéraux n’avaient aucune intention de remplir leur promesse. «Ils auraient dû faire preuve d’honnêteté envers l’institution théâtrale.»

Par ce geste, le gouvernement Ford ne fait que «s’assurer de la diligence des institutions qui financent des projets avec l’argent des contribuables», poursuit-il.

La Nouvelle Scène est cordialement invitée à ré-appliquer au financement en déposant un nouveau plan «plus détaillé», afin de permettre au gouvernement d’évaluer la priorité d’une telle dépense, dans un contexte où la Province se doit d’être particulièrement «responsable» dans sa façon de tenir les cordons de la bourse. 

«Notre gouvernement est en train de déterminer des critères précis pour de futurs programmes de financement». En fonction de leur éligibilité, les projets pourront en bénéficier, ou se rabattre sur des sources fédérales de financement, conclue-t-il.