Le président de l’AFO, Carol Jolin, déplore le fait que la proportion d’aînés est plus élevée chez les francophones que dans le reste de l’Ontario.

«Données alarmantes» sur le vieillissement de la population franco-ontarienne

Le livre blanc de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) sur le vieillissement de la population francophone de la province dévoile des « données alarmantes », selon le président de l’organisation, Carol Jolin.

La proportion d’aînés, 65 ans et plus, est plus élevée chez les francophones et que dans le reste de la population en Ontario. Le revenu moyen dans cette tranche de la population est également près de 4700 $ moins élevé chez les francophones que chez les anglophones.

L’accès à plusieurs services essentiels aux populations plus âgées en français est également difficile, selon le livre blanc de l’AFO. C’est particulièrement le cas en milieu rural, mais également dans les secteurs urbains.

Les lits de soins de longue durée sont parmi les services difficiles à obtenir en français. Il existe un lit pour 3400 francophones en Ontario, contre un pour 170 Ontariens, selon un rapport du Commissariat aux services en français publié plus tôt cette année. Les 127 000 francophones du Grand Toronto n’ont accès qu’à 37 lits de soins de longues durées, souligne l’AFO dans son rapport.

Selon M. Jolin, le nombre de lits accessibles aux francophones a étonné le ministre des Services aux aînés et de l’Accessibilité, Raymond Cho, qui a assisté au dévoilement du livre blanc à Toronto lundi.

« Nous sommes bien heureux d’avoir eu le ministre avec nous. Il est désormais conscient de nos problèmes et il démontre une volonté de nous écouter », affirme le président de l’AFO.

Données difficiles à obtenir

En élaborant son rapport, l’AFO a constaté que les données probantes sur le vieillissement de la population francophone sont plutôt rares.

Au point où financer des « études permettant d’identifier les besoins spécifiques des personnes âgées francophones à travers l’Ontario » est la première recommandation du livre blanc.

En plus des soins de longue durée, l’AFO souhaite que la province s’attaque à l’accès aux services communautaires et aux professionnels de la santé francophones. « Les soins en français, ce n’est pas une question identitaire, c’est une question de sécurité », souligne Carol Jolin.

Pour permettre aux francophones de demeurer actifs après leur retraite, l’AFO recommande également la mise en place d’un outil provincial qui permettrait « d’aiguiller les aînés francophones soit vers un milieu de travail adapté, soit vers du bénévolat relié à leurs compétences ».

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PRESSIONS À VENIR POUR LE RETOUR DU COMMISSARIAT

Maintenant que le dossier de l’Université de l’Ontario français est réglé, l’autre institution victime du «jeudi noir» de l’Ontario français reviendra à l’avant-plan des revendications de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Le retour du Commissariat aux services en français de l’Ontario permettrait à l’AFO de faire d’une pierre deux coups. Ça marquerait le retour d’une institution importante aux yeux des Franco-Ontariens en plus de contribuer à régler le problème de rareté de données sur le vieillissement de la population francophone de la province.

L’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, a récemment annoncé à l’AFO que son bureau embaucherait sous peu un commissaire, selon le président de l’Assemblée, Carol Jolin. L’automne dernier, M. Dubé aurait également soutenu qu’il souhaite recommander que ce commissaire ait la même liberté de formuler des recommandations qu’avait l’ex-commissaire aux services français, François Boileau.

«Le même travail proactif que M. Boileau faisait, c’est-à-dire être présent dans la communauté, faire la promotion de la Loi sur les services en français, rencontrer les ministères pour leur rappeler leurs responsabilités et qui pourrait être impliqué dans l’écriture de politiques publiques», affirme M. Jolin.

«Si on a un ombudsman qui est très favorable à tout l’aspect proactivité du commissaire, dans deux ans, quand son mandat se termine, on pourrait avoir une personne qui a une perspective complètement différente», souligne toutefois le président de l’AFO.

Carol Jolin annonce que la proposition de l’Assemblée pour la modernisation de la Loi sur les services en français sera dévoilée durant son assemblée générale annuelle. 

«Dans ce document-là, nous recommandons et nous voulons avoir le retour à l’indépendance du commissaire sur les services en français.»